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Corée du Sud Corée du Nord Kim Jong-un Moon Jae-in Chine Nucléaire

Publié le • Modifié le

Essai nucléaire nord-coréen: Séoul veut convaincre de son intransigeance

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Le président sud-coréen Moon Jae-in lors d'un Conseil de sécurité national convoqué après l'essai nucléaire nord-coréen, le dimanche 3 septembre 2017. Blue House/Yonhap/via REUTERS

Pyongyang a annoncé dimanche avoir testé une bombe à hydrogène capable d'être montée sur un missile balistique intercontinental. « Une réussite totale », selon le régime. Ce lundi, les Etats-Unis menacent Pyongyang d'une « réponse militaire massive ». Et la Corée du Sud a répliqué en organisant des exercices militaires et en validant l’installation controversée d’un bouclier anti-missiles.


Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

La réponse se veut ferme. La Corée du Sud a simulé une attaque sur le site d’essais nucléaires nord-coréen de Punggye-ri, à coups de tirs de missiles balistiques et de sorties de bombardiers. Séoul a aussi donné son feu vert pour achever l’installation controversée sur son territoire du bouclier anti-missiles américain Thaad, malgré l'opposition de Pékin.

Deux de ses lance-missiles sont déjà en place, quatre autres doivent être « prochainement déployés, de façon temporaire ». Et un journal sud-coréen demande aujourd’hui au président Moon Jae-In que son pays se dote de la bombe atomique…

Le président sud-coréen Moon Jae-in, justement, a promis d’accroître les sanctions visant le Nord, mais il a aussi rappelé qu’il voulait une solution pacifique à la crise nucléaire. « La Corée a déjà connu une guerre fratricide, dont les destructions ne doivent pas être répétées », a-t-il déclaré.

C’est là une réponse directe au président américain Donald Trump, qui dans un tweet hier a accusé la Corée du Sud de se fourvoyer en cherchant l’apaisement avec Pyongyang. Pour Séoul, la moins mauvaise des solutions consiste toujours à accroître les pressions tout en relançant des négociations avec le Nord.

« Les Sud-Coréens ne sont pas consultés »

En Corée du Sud, le puissant essai nucléaire de ce dimanche suscite de l’inquiétude, mais aucune panique. Les Sud-Coréens estiment que le régime cherche avant tout à survivre, et qu’il ne se servira pas de ses armes de destruction massive.

Cho Ji-eun, artiste, résume l’état d’esprit ambiant : « Ce qui m'inquiète, ce ne sont pas les relations entre les deux Corées, mais plutôt les relations avec les autres puissances autour de la péninsule. Cela fait 10 ans que la question coréenne est discuté par d’autres pays, la Chine, le Japon, [les Etats-Unis]. Les Sud-Coréens eux-mêmes ne sont pas consultés, et ça c’est un problème. » Mais Cho Ji-eun affirme ne pas se sentir directement menacé par Pyongyang.

Il faut d’ailleurs souligner que les Sud-Coréens sont de plus en plus nerveux face aux déclarations à l’emporte-pièce de Donald Trump, qui d’un tweet à l’autre se dit prêt au dialogue, puis promet des frappes militaires. Cette imprévisibilité du grand allié américain est nouvelle, et elle suscite beaucoup d’anxiété.

La Corée du Sud est donc prise en étau, entre un voisin nord-coréen qui dispose d'une capacité de dissuasion de plus en plus crédible et un allié américain de plus en plus imprévisible depuis l'élection de Donald Trump. A Séoul, des voix insistantes s'élèvent pour exiger que la Corée du Sud se dote de sa propre arme nucléaire. Le pays bénéficie en théorie de la protection du parapluie nucléaire américain, mais un nombre grandissant de Sud-Coréens commencent à douter de la fiabilité des Etats-Unis.

L'un des objectifs du programme nucléaire nord-coréen est justement de provoquer des fissures dans l'alliance entre Séoul et Washington. Pyongyang cherche à forcer les Etats-Unis à partir de Corée du Sud, où sont stationnés 28 500 « GIs ». Le Nord fait le pari que, à long terme, les Etats-Unis refuseront de risquer une attaque nucléaire sur une de leurs villes pour défendre Séoul.

ANALYSE
La question des sanctions ne fonctionne absolument pas. [...] Il faut trouver un moyen pour discuter avec eux. Il est évident que cela va être compliqué, mais en général, on ne discute pas avec des gens avec qui c’est facile dans la diplomatie. Et on peut faire un vrai parallèle avec l’Iran où on a mis près de 13, 14 ans pour discuter.
Jean-Marie Collin Vice-président de l'Initiative pour le désarmement nucléaire (IDN) 04/09/2017 - par Nicolas Falez Écouter


 ■ La Chine dans le collimateur de Trump

Dans un tweet, le président américain a affirmé qu'il envisageait d'arrêter « tous les échanges commerciaux » avec les pays faisant des affaires avec Pyongyang, après l'annonce d'un nouveau test nucléaire mené par la Corée du Nord. Or s’il ne cite pas directement la Chine, c’est tout comme.

En effet, 90 % du commerce nord-coréen passe par la Chine, rappelle notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt. Mais Trump peut-il vraiment aller jusqu’à couper les ponts avec l'Empire du milieu pour mettre à genoux la Corée du Nord ? La Chine est le partenaire américain numéro un, avec des échanges qui s’élèvent à plus de 440 milliards d'euros. Tout embargo se retournerait donc forcément contre les Etats-Unis.

De plus, du côté de Pékin, on considère qu’on ne reste pas les bras croisés face à au petit voisin nord-coréen si encombrant. Le pouvoir chinois promet d’appliquer à 100 % les sanctions de l’ONU et exhorte toutes les parties à ne pas attiser les tensions. Un rappel à l’ordre qui s’adresse aussi à Washington.

Ce matin, le journal officiel Global Times estime que même si la Chine stoppait ses livraisons de pétrole et même si elle fermait sa frontière, et bien, cela ne forcerait pas nécessairement Pyongyang à mettre fin à ses tests nucléaires.

Le journal met par ailleurs en garde contre de « mauvais calcul » qui pourraient aboutir à une situation « hors de tout contrôle ».

Chronologie et chiffres clés