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Chine Nouvelles technologies Internet criminalité

Publié le • Modifié le

Chine: scandales autour de centres de rééducation pour accros du Web

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Les jeunes chinois seraients nombreux à présenter une addiction à leurs écrans. REUTERS/Stringer

En Chine, des millions de jeunes accrocs au Web passeraient le plus clair de leur temps à jouer sur la Toile. Au point que certains parents font confiance à d’obscurs centres de rééducation pour soigner l’addiction de leurs enfants. Mais la mort d’un jeune de 18 ans a mis en cause ces établissements où l’on mélange psychothérapie et entrainement militaire.


Les parents de Li Ao pensaient bien faire. Pour soigner l’addiction de leur fils à Internet, ils ont déboursé près de 3 000 euros dans une soi-disant « cure de désintoxication » dans un centre fermé et loin de tout. Mais deux jours plus tard, ils ont retrouvé leur fils mort.

D’après sa mère, son corps était couvert de plaies de la tête aux pieds. Une enquête est en cours pour déterminer la cause de son décès. L’établissement – qui ne disposait d’aucune autorisation –, a été fermé. Son directeur et des membres du personnel ont été arrêtés.

De nombreuses polémiques

La liste des cas similaires est longue : en 2009, un jeune de 15 ans a été battu à mort par ses superviseurs dans l'un de ces centres de rééducation. En 2014, une fille est décédée après avoir reçu des coups.

En 2016, l’histoire d’une adolescente qui a tué sa mère a fait grand bruit en Chine. Cette fille de 16 ans avait été forcée par ses parents de suivre une cure de désintoxication.

En 2008, la Chine a classé l’addiction à Internet comme un « trouble clinique ». Il faut savoir qu’un Chinois passe en moyenne trois heures par jour sur son smartphone, ce qui classe le pays au deuxième rang mondial sur la question, derrière le Brésil.

Depuis, des « boot camps » qui accueillent des jeunes accros au Web ouvrent un peu partout. La plupart tentent de soigner leurs patients avec un mélange de psychothérapie, d’entraînement physique et de discipline militaire. D’autres établissements se sont même faits un nom avec des thérapies à l’électrochoc.

Des internautes indignés

Jusqu’ici, les autorités n’ont pas fait grand-chose pour mettre fin à ces pratiques obscures. Une loi qui interdit tout traitement abusif est tout de même en préparation. En attendant, bon nombre d’internautes accusent les autorités de mal contrôler ces établissements :

« Comment se fait-il que ce centre fonctionnait sans la moindre autorisation ? », se demande l’un d’entre eux. D’autres écrivent sur Weibo, le Twitter chinois, que « c’est la faute des parents qui, au prétexte d’avoir trop de travail, ne s’occupent plus de leurs enfants et qui ensuite font confiance à des instituts irresponsables. »

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