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Corée du Nord Chine Etats-Unis Xi Jinping

Publié le • Modifié le

Escalade verbale et militaire entre la Corée du Nord et les Etats-Unis

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Image fournie par l'agence officielle KCNA où le président nord-coréen Kim Jong-un jubile après l'essai de missile balistique intercontinental, le 4 juillet 2017. KCNA

Après que la Corée du Nord a lancé son premier missile balistique intercontinental mardi 4 juillet, Washington et Pyongyang se sont livrés à un bras de fer verbal. Les Etats-Unis ont dénoncé une «nouvelle escalade de la menace» et demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. De son côté, le président nord-coréen a affirmé que ce tir était un «cadeau» pour la fête nationale américaine.


Le premier communiqué du Pentagone, mardi matin, faisait état d’un tir de missile de moyenne portée. Un missile nord-coréen qui a volé 37 minutes avant de sombrer en mer du Japon.

Mais l’évaluation des experts a changé au cours de la journée, l’examen de la courbe de vol laissant penser qu’il ne s’agirait pas d’un missile de moyenne, mais de longue portée, rapporte notre correspondante aux Etats-Unis, Anne-Marie Capomaccio.

La Corée du Sud l'a ensuite confirmé, rapporte notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias : le missile « Hwasong-14 » tiré mardi aurait une portée théorique d’environ 7 000 ou 8 000 km.

Et dans la journée, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson l’a finalement confirmé, dénonçant une « nouvelle escalade de la menace » : il s’agissait bien d’un missile balistique intercontinental (ICBM).

Preuve des progrès effectués par Pyongyang malgré les dénégations de Donald Trump. Car un missile de ce type pourrait atteindre l’Alaska, donc le territoire des Etats-Unis.

D'autant que le régime de Kim Jong-un affirme être capable de monter ce missile d’une ogive, « une grosse tête nucléaire », même si la majorité des analystes estiment qu’il faudra en réalité plusieurs années au régime pour y parvenir.

« Nouvelle escalade de la menace »

Mercredi matin, l’agence officielle nord-coréenne KCNA a rapporté que Kim Jong-un, qui a supervisé l’essai, avait déclaré que ce tir était un « cadeau » aux « salauds d’Américains » pour leur fête nationale.

Choisissant de jouer à fond la carte de la provocation face à Donald Trump, le jeune dirigeant nord-coréen a promis d’autres « cadeaux » dans le futur.

L'Union européenne, dénonçant « une violation flagrante de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré envisager de nouvelles sanctions contre Pyongyang.

En guise d’avertissement, les forces sud-coréennes et américaines ont procédé mercredi à des tirs de missiles balistiques « de haute précision » lors d'un exercice simulant une attaque contre la Corée du Nord sur la côte orientale.

« Toutes les options sont sur la table », répète le Pentagone depuis des semaines. Mais rien n’est simple. A ce stade, la diplomatie directe entre Washington et Pyongyang semble exclue et la démonstration de force sur la côte ne devrait pas entamer la détermination de Pyongyang.

Moscou et Pékin prônent la retenue

Manifestement, la Chine, sur laquelle Donald Trump comptait s’appuyer, ne peut pas ou ne veut pas faire pression plus avant sur Pyongyang.

Mardi, Donald Trump avait appelé dans un tweet la Chine à « prendre des mesures fortes pour arrêter ces absurdités une bonne fois pour toutes. » En face, Pékin s’affiche en arbitre qui prend de la hauteur. En visite en Russie, Xi Jinping a proposé aux côtés de Vladimir Poutine un plan pour calmer le jeu.

En fait, la Chine propose l’arrêt des essais nord-coréens d’un côté, et de l’autre, la fin des exercices militaires américains et sud-coréens dans la région, rapporte notre correspondant à Shanghai, Simon Leplâtre.

Les alliés russes et chinois temporisent, alors qu’ils possèdent des moyens de pression. Ainsi, si la Chine a arrêté d'acheter le charbon nord-coréen, elle reste le premier partenaire économique de Pyongyang. Le commerce avec le régime nord-coréen n'a d’ailleurs quasiment pas baissé cette année.

Aux Etats-Unis, les appels se multiplient pour infliger des sanctions beaucoup plus fortes ; par exemple en punissant les banques et les entreprises chinoises qui font du commerce avec la Corée du Nord.

La Chine s'inquiète du programme nucléaire nord-coréen et le condamne, mais elle n'a aucune envie de voir chuter le régime et d'avoir à sa frontière un allié des Etats-Unis avec la Corée du Sud.

Réunion d’urgence du Conseil de sécurité

En réalité, les Etats-Unis et leurs alliés sont à court d’options. Une frappe préventive risquerait de provoquer une guerre. Un changement de régime, réclamé par certains, est très difficile à mettre en œuvre.

Quant à la diplomatie, il est désormais acquis que Pyongyang n’acceptera jamais de dénucléariser ; même un gel négocié de son programme balistique semble de plus en plus improbable et les sanctions économiques n'y font rien.

Washington, Tokyo et Séoul ont demandé la tenue d'une réunion d'urgence au Conseil de sécurité de l'ONU, qui devrait avoir lieu vers 15h, heure locale, ce mercredi.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU a condamné mardi soir le tir balistique nord-coréen, qu'il qualifie d'« escalade dangereuse ».

Le dossier nord-coréen sera l’un des sujets au cœur du G20, auquel Donald Trump participera vendredi et samedi prochains en Allemagne.

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