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Le président philippin ne veut plus de l'argent de l'Union européenne

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Face aux critiques de l'Union européenne à l'endroit de sa politique meurtrière contre la drogue, le président philippin Rodrigo Duterte envisage de refuser les aides de Bruxelles. MANMAN DEJETO / AFP

Les Philippines décident de renoncer à l'aide de l'Union européenne. Cette annonce survient après que l'UE a dénoncé la guerre antidrogue du controversé président Rodrigo Duterte. A Manille, la capitale, certains craignent déjà des répercussions sur les programmes d’aide.


« Le président a approuvé la recommandation du ministère des Finances de ne pas accepter les aides […] de l'UE qui lui permettraient d'interférer dans les politiques intérieures des Philippines », a déclaré le porte-parole de la présidence ce jeudi 18 mai.

La suspension des subventions européennes pourrait concerner jusqu'à 250 millions d'euros alloués à des programmes d'aide, notamment pour la paix à Mindanao. L'Union européenne finance de nombreux projets dans l'archipel par le biais des ONG. Selon des représentants du gouvernement philippin, néanmoins les programmes déjà en place ne seraient pas concernés.

2 700 personnes abattues par la police depuis juin 2016

Au micro de notre correspondante à Manille, Marianne Dardard, un diplomate qui préfère rester anonyme estime toutefois que « la décision du gouvernement philippin est inquiétante car cela envoie un mauvais signe tout en risquant de priver les populations d'une aide financière directe ». Le porte-parole de la présidence a toutefois précisé que les aides humanitaires seraient toujours acceptées.

A plusieurs reprises, le président Rodrigo Duterte avait fustigé l'UE, qu'il accuse d'ingérence, pour avoir critiqué sa guerre antidrogue jugée sanglante. Depuis sa prise de fonction à la magistrature suprême il y a moins d’un an, la police a déclaré avoir abattu 2 700 personnes. Près de 2 000 autres auraient été tuées dans des incidents liés au trafic de drogue, et la police enquête encore sur 5 700 morts violentes de plus. Face à ce déferlement, Bruxelles avait menacé de supprimer ses incitations commerciales à l'export.