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Pakistan Terrorisme

Publié le • Modifié le

Pakistan: un influent leader politico-religieux échappe à un attentat-suicide

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Des soldats pakistanais montent la garde après un attentat-suicide visant le vice-président du Sénat Ghafoor Haideri, à Mastung, le 12 mai 2017. REUTERS/Naseer Ahmed

Une explosion a fait au moins 20 morts et 40 blessés au Pakistan, ce vendredi 12 mai. L'attentat visait le convoi du vice-président du Sénat, figure religieuse influente, aux abords d'une mosquée. La police évoque un attentat-suicide à la voiture piégée.


Avec notre correspondant à Islamabad,  Michel Picard

« Je vais bien. Dieu m'a sauvé la vie. » Cette déclaration de Maulana Ghafoor Haideri tourne en boucle sur les médias pakistanais. Le vice-président du Sénat a eu plus de chance que son chauffeur, tué sur le coup. Il est l'une des figures religieuses les plus influentes du pays en tant que secrétaire général du JUI-F, la branche majoritaire du Jamiat Ulema-e-Islam – littéralement l'Assemblée du clergé islamique.

Les victimes sont toutes membres de ce mouvement politico-religieux très présent dans la province du Balouchistan où s'est déroulée l'attaque. Par le passé, le JUI-F a été visé par les talibans pakistanais malgré son rôle de négociateur entre gouvernement et combattants islamistes. Et le mois dernier, devant plusieurs centaines de milliers de fidèles à Peshawar, le sénateur Ghafoor avait même officiellement appelé les talibans pakistanais à le rejoindre.

Contrôle de deux tiers des écoles coraniques

Le Jamiat Ulema-e-Islam dirige les deux tiers des 30 000 madrassas du pays, ces écoles coraniques où des centaines de milliers d'enfants étudient le Coran en dehors de tout contrôle gouvernemental. Des institutions soupçonnées de fournir des militants aux groupes extrémistes.

Ce parti religieux jouit d'une forte popularité dans les couches pauvres et illettrées de la société rurale pakistanaise. Il vient de militer de manière virulente contre tout assouplissement de la loi sur le blasphème. Et l'an dernier, quand une loi historique protégeant les femmes a vu le jour, le chef du parti a regretté « l'intrusion de la culture occidentale dans les lois pakistanaises ».

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