rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Vietnam

Publié le • Modifié le

Vietnam: des villageois en colère se barricadent avec leurs otages policiers

media
Une douzaine de policiers vietnamiens sont retenus en otage par des paysans en colère. (photo d'illustration) IAN TIMBERLAKE / AFP

Dans le village vietnamien de Dong Tam, situé à proximité de Hanoï, au moins une douzaine de policiers sont retenus en otage depuis six jours par des villageois en colère qui protestent contre la confiscation de leurs terres par l’armée. Après avoir lancé un appel au calme et appelé les habitants à la négociation, les autorités semblent désormais avoir opté pour la manière forte.


Avec notre correspondant à Hô-Chi-Minh-Ville,  Frédéric Noir

Au Vietnam, le village de Dong Tam, coupé du monde et encerclé, s’apprête à affronter les forces de l’ordre. La tension est encore montée d’un cran le 20 avril quand les habitants, qui retiennent une douzaine de policiers en otage, ont refusé de rencontrer le président du comité populaire de Hanoï, la capitale.

Celui-ci leur proposait de discuter d’une possible sortie de crise non pas au village même mais à 17 kilomètres de là, au chef-lieu du district. Par peur de se faire arrêter par la police, les habitants sont donc restés chez eux.

D’après les photos qui circulent sur les réseaux sociaux, des barricades de fortune ont été érigées dans différents lieux stratégiques du village. Les habitants auraient également aspergé d’huile et menacé d’embraser le bâtiment dans lequel sont retenus les otages.

Tache d'huile

A l'origine de leur colère : la décision prise par les autorités de s'emparer de certaines terres du village au profit de Viettel Mobile, une société de télécommunication détenue par l'armée.

Au Vietnam, la terre est la propriété de l'Etat qui n'hésite pas à exproprier les paysans en versant des contreparties parfois dérisoires tandis que les habitants perdent leur moyen de subsistance.

Dans un pays qui contrôle étroitement la liberté d’expression, les révoltes sont rares. Mais poussés au désespoir, certains habitants n’hésitent plus à défier les autorités. En 2012, dans une affaire restée célèbre, un pêcheur avait blessé 7 policiers avant d’être condamné à cinq années de prison.

Ces mêmes autorités sont soucieuses d’éviter que ces évènements ne fassent tache d’huile. Ce 20 avril, les paysans d’un autre village situé près de Hanoï, dans la province de Bac Ninh, se sont révoltés. Des centaines de policiers anti-émeute ont immédiatement été envoyés sur place.