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Pakistan Arabie saoudite Iran

Publié le • Modifié le

Un général pakistanais à la tête de l'Alliance militaire islamique

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Raheel Sharif, ancien chef de l'armée pakistanaise, photographié le 23 mars 2016 à Islamabad. REUTERS/Faisal Mahmood

Après des mois d’hésitations, Islamabad vient de donner son feu vert à la nomination du général Sharif à la tête de l’Alliance militaire islamique (AMICT). Il va diriger une coalition d’une trentaine de pays, majoritairement africains, mise en place par l’Arabie saoudite, une coalition qui est loin de faire l’unanimité dans le monde musulman. A 60 ans, ce jeune retraité va donc prendre ses nouvelles fonctions en Arabie saoudite.


De notre correspondant à Islamabad,

Le général Sharif était, jusqu’en novembre 2016, chef d’état-major de la puissante armée pakistanaise, considéré de facto comme l’homme menant la politique étrangère d’Islamabad. Au Pakistan, puissance nucléaire de 200 millions d’habitants, le général Raheel Sharif est adulé, une popularité qui repose sur la baisse significative des attaques terroristes pendant ses trois années en poste, au prix d’importantes opérations militaires meurtrières dans le Waziristan, les zones tribales le long de la frontière afghane et dans la province du Baloutchistan.

A 60 ans, ce jeune retraité va prendre ses nouvelles fonctions en Arabie saoudite. C’est à Ryad, en effet, qu’est basé le quartier général de l’Alliance militaire islamique. Annoncée fin 2015 par Ryad, l’AMICT rassemble des pays majoritairement musulmans qui s’engagent à lutter sous la même bannière contre le terrorisme en terre musulmane. La liste des participants fluctue entre 35 et 39 pays, selon leur niveau d’engagement, en majorité des pays africains.

Le général Sharif doit mettre en place la structure de la nouvelle Alliance. Il réunira en mai 2017 les ministres de la Défense de tous les pays membres au sein d’un Conseil consultatif, pour signifier en quelque sorte le lancement de cette Alliance. Les participants devraient s’engager à échanger des informations, fournir du matériel et mettre des forces à disposition, selon le principe simple émis par le chef de la diplomatie saoudienne : « Le terrorisme a frappé les pays musulmans. Il est temps que le monde musulman réagisse ».

L’AMICT, une coalition de pays à majorité sunnite

Mais cette Alliance est loin de faire l’unanimité dans le monde musulman. Composée uniquement de pays à majorité sunnite, l’AMICT apparaît aux yeux de nombreux analystes, au mieux comme un nouveau cercle d’influence de l’Arabie saoudite, au pire comme une sorte de bras armée de Ryad. Les pays à dominance chiite ont fait part de leurs réticences, à commencer par l’Iran qui l’a fait savoir de manière peu diplomate à Islamabad, se demandant pourquoi le général Sharif se mettait aux ordres de Ryad. Craignant que les pays à majorité chiite - Yémen, Syrie, Irak - ne soient les premières victimes des actions de cette coalition.

Souvent intermédiaire dans la guerre froide que se livre l’Iran et l’Arabie saoudite, le Pakistan dont 20% de la population est chiite, joue gros dans cet engagement. L’annonce de la nomination du général Sharif a fait ressurgir des débats confessionnels, laissant craindre une explosion des tensions restées vives mais contenues ces dernières années. Soucieux de calmer le jeu notamment vis-à-vis du voisin iranien, le Comité des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale pakistanaise vient d’affirmer qu’« en aucun cas, le général Sharif n’agira contre les intérêts de Téhéran ».

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