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Chine Etats-Unis Diplomatie Défense Corée du Sud Corée du Nord

Publié le • Modifié le

La Corée du Nord au cœur de la visite de Rex Tillerson à Pékin

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Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson entouré de Marines, dans le village frontalier de Panmunjom, entre les deux Corée. REUTERS/Lee Jin-man/Pool

La course à l'armement de la Corée du Nord, ce voisin bien encombrant de la Chine, risque de dominer les pourparlers entre le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et ses interlocuteurs du weekend à Pékin. Les Etats-Unis et la Chine populaire sont d'accord sur un point : les tirs de missiles balistiques posent un risque sécuritaire dans la région et au-delà. En revanche, sur les solutions à apporter aux provocations de Pyongyang, les avis divergent.


Avec notre correspondante à Pékin,  Heike Schmidt

La Chine campe sur une proposition que les Etats-Unis ont déjà rejetée : Pyongyang doit cesser ses tirs, et en échange, les Américains sont censés mettre fin à leurs exercices militaires avec la Corée du Sud. Peu après la visite dans ce pays du chef de la diplomatie américaine, actuellement en tournée en Asie, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a de nouveau plaidé pour cette proposition qu'il dit « pragmatique, raisonnable et impartiale ».

A Tokyo, Rex Tillerson a appelé la Chine à jouer « un rôle constructif ». La réponse du quotidien Global Times, proche du pouvoir, n'a pas tardé : « Même si la Chine coupait ses liens avec son voisin, cela n'y changerait rien. » A Séoul, le secrétaire d'Etat a relancé: « La politique de la patience stratégique est terminée »... même une action militaire américaine contre la Corée du Nord est sur la table, selon lui. Il ne fallait pas plus pour s’attirer les foudres de la presse officielle : « Les Etats-Unis doivent retirer cette menace », titre le Global Times ce matin. Une telle option militaire n’est pas acceptable pour la Chine, seule alliée de Pyongyang. Pékin ne cesse de dire que le dialogue et les sanctions économiques sont l'unique moyen pour faire plier la Corée du Nord.

La crainte d'une vague de réfugiés

« L'extrême isolement imposé par la communauté internationale n'a pas réussi à mettre Pyongyang à genoux », rappelle le Global Times, traduisant la crainte chinoise d'un effondrement du régime des Kim, qui induirait une vague de réfugiés.

Pékin, en revanche, a perdu espoir de dissuader les Etats-Unis quant au déploiement du THAAD sur le sol sud-coréen. Global Times formule cette menace : la Chine « peut sérieusement punir la Corée du Sud, et cela embarrassera Washington. »

Le tweet qui énerve

un tweet de Donald Trump n’a pas non plus aidé à calmer le jeu ! Au contraire : « La Chine a peu fait pour aider ! » a tweeté Trump. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères a rétorqué, un brin énervée : « La péninsule coréenne se trouve devant la porte de la Chine. Est-ce que quelqu’un peut vraiment croire que les Chinois se soucient moins de la situation que Washington ? » Tout dépend maintenant de Rex Tillerson : s’il répète ici à Pékin que la Chine a toutes les cartes en main pour contrôler son voisin nord-coréen, et bien cela jettera un nouveau coup de froid sur les relations sino-américaines.

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