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Corée du Nord Kim Jong-un Malaisie Japon médias

Publié le • Modifié le

Kim Jong-nam a-t-il été assassiné par le régime nord-coréen de son demi-frère?

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Kim Jong-nam, fils aîné de feu le dictateur nord-coréen Kim Jong-il, et de sa maîtresse Song Hye-rim, a été empoisonné à l'aéroport de Kuala Lumpur le 13 février 2017. Il avait 45 ans. Joongang Ilbo/News1 via REUTERS

L'une des principales questions soulevées par l'assassinat du demi-frère de Kim Jong-un, lundi en Malaisie, c'est la responsabilité du régime nord-coréen dans cette affaire. Beaucoup se demandent si le fils aîné de Kim Jong-il et de sa maîtresse, Kim Jong-nam, n'a pas été éliminé sur ordre de Pyongyang. Le journaliste japonais Yoji Gomi, seul journaliste au monde à avoir rencontré à plusieurs reprises le défunt de son vivant, apporte un nouvel éclairage sur cette affaire.


La Malaisie exige des échantillons ADN de la famille des Kim. Ils doivent permettre d'établir avec certitude le profil du demi-frère du dictateur nord-coréen, assassiné lundi à Kuala Lumpur. Pyongyang refuse toute autopsie. Mais pour les Malaisiens, pas question de remettre le corps au régime nord-coréen avant la fin des procédures. La question sous-jacente est de savoir si Kim Jong-nam a été éliminé ou non sur ordre de Pyongyang.

Pour Yoji Gomi, Kim Jong-nam ne se sentait pas menacé

Yoji Gomi, journaliste du Tokyo Shimbun et qui connaissait le défunt, apporte de nouvelles informations, rapporte notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles. Selon ce journaliste japonais, qui a rencontré à trois reprises Kim Jong-nam et a échangé avec lui par courriel pendant plusieurs années, ce dernier ne se sentait pas menacé par son demi-frère Kim Jong-un, l’actuel dictateur nord-coréen. Il l’affirmait encore en 2012 dans un courriel.

Selon le journaliste, qui tenait une conférence de presse ce vendredi à Tokyo, si le premier fils de l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong Il, décédé en 2011 pourrait avoir été éliminé à l'aéroport de Kuala Lumpur sur ordre de Pyongyang, Kim Jong-nam ne se sentait pas menacé par son demi-frère Kim Jong-un. Le livre que le journaliste japonais avait publié, en 2012, sous le titre Mon père Kim Jong Il et moi, à partir des interviews de Kim Jong-nam avait pourtant été mal reçu par le régime nord-coréen.

Les services de renseignement de Corée du Sud prétendent pourtant aujourd’hui qu’en 2012, des agents nord-coréens avaient tenté une première fois d’assassiner Kim Jong-nam. Ce dernier vivait en exil à Pékin et à Macao depuis une douzaine d’années et avait été oublié en Corée du Nord.

Et le journaliste d’ajouter : « Kim Jong-nam ignorait tout de la personnalité de Kim Jong-un, parce qu’il n’a jamais rencontré son demi-frère, aussi incroyable que cela puisse paraître. » Il n’aurait donc jamais rencontré l'actuel numéro un nord-coréen, ni à Genève où il a vécu durant huit ans, ni en Corée du Nord.

Dans ses courriels avec le journaliste, le demi-frère de Kim Jong-un critique le système de succession héréditaire en Corée du Nord. Mais il jugera prématurée la publication du livre en question au Japon, livre dans lequel il apparaît comme un fils contestataire de la dynastie des Kim. Il a d'ailleurs mis alors un terme à ses échanges avec le journaliste.

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