rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Afghanistan ONG ONU Pakistan

Publié le • Modifié le

Human Rights Watch condamne les expulsions de réfugiés afghans du Pakistan

media
Des enfants réfugiés afghans portant des bidons d'eau potable dans un camp des environs de Jalalabad, en Afghanistan, le 12 février 2017. REUTERS/Parwiz

Human Rights Watch publie ce lundi 13 février un rapport cinglant sur les expulsions des réfugiés afghans par le Pakistan. Il met en cause les autorités pakistanaises, mais aussi le Haut Commissariat aux réfugiés, organisme de l'ONU. 600 000 Afghans ont été forcés à quitter le Pakistan depuis juillet 2016. Deux millions s'y trouvent toujours sous la menace d'expulsions.


Avec notre correspondante à Kaboul Sonia Ghezali

Menacés d'être rapatriés pendant l'hiver, victimes de racket, de détentions arbitraires et de raids nocturnes par la police : le quotidien de certains réfugiés afghans au Pakistan s'est détérioré ces dernières années et plus particulièrement ces derniers mois, révèle l'ONG Human Rights Watch, dans son dernier rapport.

« Au Pakistan, ils nous rendaient la vie dure. Nous n'en pouvions plus. On ne pouvait pas travailler, on ne trouvait pas d'emploi. Et si on gagnait un peu d'argent, la police nous le prenait. La situation à Kunduz est très mauvaise. Il y a une guerre là-bas, les gens n'ont pas d'eau ni de nourriture et pas d'endroit pour vivre en sécurité. Et pourtant on nous oblige à y retourner », témoigne l'un des réfugiés.

L'organisation de défense des droits de l'homme appelle les autorités pakistanaises à mettre fin à ces pratiques et met également en cause le rôle du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), qui n'a jamais dénoncé ces comportements. Selon Human Rights Watch, en doublant à 400 dollars par personne l'aide financière accordée aux réfugiés afghans qui acceptent de rentrer chez eux, l'organisme s'est même rendu coupable de complicité avec le gouvernement pakistanais qui expulse des réfugiés vers un pays en guerre, où 11 500 victimes civiles ont été recensées l'année dernière.

Le HCR conteste

Des accusations démenties par le HCR. « Nous partageons les préoccupations concernant les nombreuses pressions exercées à l'encontre des réfugiés, mais nous ne sommes pas d'accord avec les conclusions de ce rapport, réagit sur RFI Ariane Rummery, porte-parole du HCR pour l'Asie. Ce dossier est extrêmement complexe. Les réfugiés sont retournés en Afghanistan pour de multiples raisons. Il y a certainement eu des menaces et la peur d'être harcelés, mais il y a eu de nombreux autres facteurs et nous devons les comprendre pour leur assurer une meilleure protection au Pakistan et une intégration durable à tous ceux qui décident de retourner en Afghanistan. »

Elle rappelle que le HCR « a beaucoup travaillé en faveur des réfugiés durant toute l'année 2016, en les informant de leurs droits. Nous avons mené de nombreuses campagnes pour qu'ils sachent comment joindre un numéro vert d'assistance. Nous sommes d'ailleurs intervenus dans 5 900 cas. Notre mission de protection des réfugiés au Pakistan consiste à intervenir en cas d'arrestation, assurer leur défense auprès des institutions gouvernementales. Nous sommes évidemment inquiets concernant les pressions exercées l'an dernier à l'encontre des réfugiés, mais le Haut Commissariat réfute les accusations selon lesquelles il y a eu des expulsions massives forcées de réfugiés. »

Chronologie et chiffres clés