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Publié le • Modifié le

[Reportage] Bahamas: les habitants de High Rock recherchent leurs disparus

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Le cimetière de High Rock après le passage de l'Ouragan Dorian. © Domitille Piron / RFI

Aux Bahamas, après le passage de l'ouragan Dorian, le bilan officiel est pour l'instant de 50 morts et 2 500 personnes disparues, selon les services d'urgences. Les deux îles du nord de l'archipel ont été les plus touchées et le bilan pourraît s'alourdir encore tant les ravages ont été grands. La ville de Marsh Harbour sur l'île d'Abaco, a été détruite à 80%, la désolation est à son comble. À High Rock, située à une quarantaine de kilomètre de Freeport, la priorité est à présent de rechercher les disparus.


Avec notre envoyée spéciale aux Bahamas, Domitille Piron

Dans le village de High Rock, à une quarantaine de kilomètres de Freeport sur Grand Bahama, les habitants encore sous le choc s’organisent et s’entraident. Michael n’a plus rien, il tourne en rond et s’énerve, mais il prend le temps de nous faire visiter ce qui reste de son village, des décombres principalement.

« Dans cette maison, le toit est tombé et le gars est resté bloqué trois jours avant qu’on vienne à son secours, explique-t-il. Après l’ouragan, on était encore 17 personnes encore en vie. »

Le village comptait une cinquantaine d’âmes, mais beaucoup d’habitants s’étaient retirés vers la ville. Sans bien savoir qui est allé où, on cherche à présent les disparus.

Christopher nettoie la maison de sa mère comme il peut, sans bien savoir par où commencer. La télé est encore là, accrochée au mur. Mais la moitié du toit est arrachée et les murs moisissent après deux jours sous l’eau. Christopher s’inquiète pour son frère dont il n'a pas de nouvelle depuis une semaine. « Ils ont trouvé quelques corps, confie-t-il, alors il faut que j’aille voir à Freeport et vérifier si mon frère, sa femme et sa fille sont parmi eux. »

Ici, la force du vent de l’eau ont non seulement détruit des vies, mais aussi déterré les tombes du cimetière face à la mer.

Dans la ville de Marsh Harbour, un silence étrange

Il règne ici un silence assez étrange. Beaucoup de monde est déjà parti dans l’urgence. C’est ce qu’on voit en arrivant à l’aéroport : des valises, des paquets, des petits sacs d’enfants abandonnés. Les gens sont partis dans l’urgence et ils ont bien souvent été obligés d’embarquer avec un seul bagage. Les tapis roulants de l’aéroport servent désormais à déposer des cartons de ration de nourriture.

Dans la ville, les bâtiments officiels tiennent encore debout. C’est là d’ailleurs que les autorités se sont installés, avec une coordination américaine et de nombreuses ONG sur place.

En s’enfonçant encore dans la ville, on devine ce qui pouvait être des quartiers, ou tout est à terre, dans des amas de toit, de tôle, de gravats, de voitures et d'arbres.

Pas de problème de sécurité ni de fuel

Les opérations de déblayage n’ont pas encore commencé. Au « siège de l’état-major », le Maxwell Market, le supermarché, beaucoup de denrées alimentaires ont pourri après plusieurs jours sans électricité et l’odeur le prouve.

La police et l’armée bahamienne se coordonnent, s’organisent, se reposent et se relaient comme elles peuvent.

Sur Abaco, il n’y a pas de problème de sécurité ni de fuel. Mais sur le tableau des opérations en cours, se trouvent encore à régler les questions d’eau, d’égouts, d’électricité, d’hébergement d’urgence. Presque tout, puisqu’il n’y a plus rien.

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