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Argentine Mauricio Macri

Publié le • Modifié le

[Reportage] Fatigués de leur président, les Argentins réclament du changement

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Distribution de repas gratuits aux manifestants, aux sans-abri et aux chômeurs lors d'une manifestation contre Mauricio Macri à Buenos Aires, le 1er mai 2019. REUTERS/Agustin Marcarian

Mardi, le peso a continué de dégringoler sur le marché des changes. La monnaie argentine a perdu jusqu'à 30 % de sa valeur face au dollar avant de se reprendre en fin de journée. L'Argentine est de nouveau touchée par une grave dépréciation de sa monnaie, deux jours après les primaires obligatoires pour tous les partis et à deux mois des élections générales. Un scrutin qui n’a pas été favorable à Mauricio Macri. Le président sortant est arrivé loin derrière le candidat de l’opposition Alberto Fernandez. Fatigués de la politique d’austérité du gouvernement Macri, les Argentins réclament massivement un changement de cap.


Avec notre correspondante à Buenos Aires, Aude Villiers-Moriamé

Dans les rues d’Almagro, petit quartier de classe moyenne à Buenos Aires, Eva Luna presse le pas. Cette employée domestique a terminé sa journée et rentre enfin chez elle.

« J’étais contente quand j’ai appris les résultats dimanche, dit-elle. J’attendais ça avec impatience. Ça fait quatre ans qu’on vit mal. Moi je travaille à l’heure et je ne gagne pas assez d’argent pour survivre. »

Même constat pour Camila Gonderheide. Cette étudiante de 22 ans a vu son quotidien très affecté par la crise économique qui touche l’Argentine, et par les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement Macri pour y répondre.

« J’ai dû réduire mes dépenses en nourriture, en photocopies pour l’université, en transports, explique-t-elle. J’ai dû déménager pour vivre plus près de l’université. J’espère que ces résultats se répéteront en octobre et que Macri quittera le pouvoir. »

Lundi, le président Macri a insinué que l’effondrement de la Bourse et du peso argentin était une sanction au vote massif des Argentins pour son rival, moins apprécié que lui des marchés financiers.

À lire aussi : Élections générales en Argentine: Fernandez domine largement les primaires

Un argument de mauvais perdant pour Carlos Novo, gardien d’immeuble qui refuse de voter pour satisfaire les marchés.

« Il y a un mécontentement et les gens l’ont exprimé dans les urnes, affirme-t-il. Grâce à Dieu nous vivons en démocratie depuis 1983. Les gens votent de manière démocratique et il faut le respecter. »

Mardi sur Twitter, le #MacriHaceteCargo (« Macri prends tes responsabilités » en français) était le plus utilisé sur le réseau social en Argentine.

 

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