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États-Unis Migrations Internationales Réfugiés

Publié le • Modifié le

États-Unis: Portland, dans le Maine, ville accueillante pour les réfugiés

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Une migrante originaire de la République démocratique du Cong avec son bébé dans un gymnase à Portland dans l'État du Maine. Johannes EISELE / AFP

Depuis des années, plusieurs milliers de migrants ont rallié la ville de Portland, dans l’État du Maine aux États-Unis. Partis initialement d’Afrique, ils ont parcouru un long périple à travers l’Amérique du Sud pour rejoindre cette ville de la côte est des États-Unis, réputée pour son accueil généreux des demandeurs d’asile.


Par Marie Martirossian

Ces derniers mois, 223 migrants ont atteint leur destination rêvée : Portland. Originaires d’Angola et de la République démocratique du Congo, ayant fait escale dans des pays d'Amérique du Sud, ils ont cheminé, parfois au péril de leur vie, le long des 8 000 kilomètres qui les ont conduits aux États-Unis. Arrivés à San Antonio, au Texas, ils ont pris un bus pour Portland, dans le Maine.

1 500 dollars par famille

60 familles ont pu s'installer dans le grand gymnase de la ville, aménagé pour l’occasion. Plus de 1 100 bénévoles ont proposé leur aide. Si ces hommes, femmes et enfants voulaient atteindre Portland, c'est que la capitale du Maine est connue pour son accueil généreux. La ville a distribué par exemple des bons de nourriture à hauteur de 1 500 dollars par famille. Tout ceci est possible grâce à un fonds de soutien, mis en place par la mairie.

Jessica Grondin est directrice de la communication de la mairie de Portland : « Pour le conseil municipal de la ville de Portland, être une ville accueillante a toujours été une de nos priorités. En 2015, le conseil a créé un fonds de soutien aux communautés de Portland. Ce fonds assure un financement complémentaire pour les demandeurs d’asile qui ne sont pas encore éligibles aux aides de l’État, le temps qu’ils fassent leurs démarches administratives et qu’ils puissent commencer à travailler. Pour l’année fiscale de 2020, le conseil municipal a affecté 200 000 dollars au fonds de soutien. »

Le gymnase doit être évacué

Pour ces demandeurs d’asile, l'avenir est encore incertain. Beaucoup de familles ont déjà été relogées dans des villes voisines, comme à Brunswick ou à Biddeford. Mais 150 migrants attendent encore de trouver un logement pour pouvoir quitter le gymnase. La ville de Portland doit libérer le lieu avant le 15 août, pour laisser place aux événements sportifs. Joanna Caouette est la conseillère financière de l’association « Prosperity Maine ». Elle aide les migrants dans leurs démarches aux États-Unis. « Il y a aussi beaucoup d’habitants du Maine qui sont en train de demander de pouvoir reloger les familles d’immigrants qui viennent juste d’arriver. Et ce n’est pas juste à Portland, c’est partout dans l’État du Maine, ce qui est absolument fantastique. Il y a des gens qui ont des fermes et des grandes maisons, qui disent ‘’Apportez-les chez moi, et ils vont pouvoir vivre ici jusqu’à ce qu’ils puissent se remettre debout’’ ».

Cette générosité passe aussi par les dons de particuliers. Plus de 800 000 dollars ont ainsi été recueillis. La mairie de Portland souhaiterait que cet argent soit utilisé pour éponger les dépenses liées à l’utilisation du gymnase municipal. Une décision qui fait polémique, car pour Joanna Caouette, c'est trahir les souhaits des donneurs. « Personnellement, je pense que je suis un peu déçue, parce que j’ai aussi quelques-uns de mes amis américains qui ont fait des dons et qui ensuite m’ont envoyé un message en me disant : ‘’oh là là, j’ai fait un don et je pense que ça ne va pas aider les gens directement’’. J’aurais aimé savoir ça à l’avance. »

Du Burundi au Maine…

Si Joanna Caouette s'investit autant auprès des migrants, c'est qu'elle a elle-même connu cette expérience de l'exil. Elle est arrivée il y a 4 ans aux États-Unis avec sa mère. Elles aussi ont trouvé refuge à Portland. « Je viens du Burundi, en Afrique de l’Est. Je suis venue, car j’avais entendu parler de [l’État du] Maine, et aussi parce que ma tante était déjà là. Elle était arrivée 8 ans plus tôt, je pense. Donc, comme nous savions que nous allions partir aux États-Unis ma mère et moi, c’était mieux d’aller quelque part où nous avions déjà un semblant de racine. C’est vraiment facile de venir dans un endroit où il y a déjà quelqu’un qui parle votre langue, qui est déjà établi et qui va pouvoir vous aider à vous retrouver. »

La ville ne sait pas si de nouvelles arrivées de migrants sont à prévoir. Mais pour la mairie, ces demandeurs d’asile sont une chance pour Portland, une ville vieillissante qui a besoin d’une nouvelle génération de travailleurs.

Chronologie et chiffres clés