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Argentine Justice Droits de l'enfant

Publié le • Modifié le

Argentine: début du procès de prêtres pédophiles d’un institut de sourds-muets

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Les prêtres Nicola Corradi (R) et Horacio Corbacho, ainsi que l'ancien jardinier Armando Gomez, sont escortés hors de la salle d'audience à Mendoza, le 5 août 2019. REUTERS/Maximilano Rios

Un procès historique s’est ouvert lundi 5 août à Mendoza, dans l’ouest de l’Argentine. Il s’agit de l’affaire Provolo, du nom d’un établissement catholique pour enfants sourds-muets. Trois personnes, dont deux prêtres, vont être jugées pour agressions sexuelles contre une vingtaine d’enfants. Une affaire qui secoue profondément le pays du pape François.


Avec notre correspondante à Buenos Aires,  Aude Villiers-Moriamé

Le scandale avait éclaté en 2016, à la suite du témoignage de plusieurs élèves dénonçant des agressions sexuelles systématiques au sein de l’institut Provolo de Mendoza. Près de trois ans après la fermeture de l’établissement, quelques dizaines de familles attendaient ce lundi l’ouverture du procès.

« Ce n’est pas un moment facile ni pour les enfants ni pour les parents, assure Marina Diaz, maman d’un ancien élève. Nous demandons que justice se fasse pour que jamais plus des prêtres ou des professeurs n’agressent des enfants, qu’ils soient handicapés ou non. »

Le principal accusé dans cette affaire est Nicola Corradi, 83 ans. Avant d’être transféré à Mendoza, ce prêtre italien avait dirigé l’institut Provolo de La Plata, près de Buenos Aires et travaillé au sein de celui de Vérone, en Italie. Deux établissements également secoués par des scandales de pédophilie.

« Ce procès est emblématique. J’ai un sentiment de justice parce que nous allons sûrement obtenir une condamnation, et en même temps un grand sentiment de tristesse parce qu’il reste tant de victimes. Ça ne se termine pas là. Ce procès, aujourd'hui, ce n’est que le début », affirme Sergio Salinas, l’avocat de plusieurs familles.

Le procès de Mendoza qui se tient à huis clos et est traduit en langue des signes devrait durer au moins un mois. Deux autres procès impliquant une quinzaine d’employés de l’institut Provolo doivent bientôt s’ouvrir en parallèle.

Les trois accusés dans cette affaire encourent jusqu’à 50 ans de prison.

À écouter aussi : Nouvelles normes de lutte contre la pédophilie au Vatican

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