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Revue de presse États-Unis Iran

Publié le • Modifié le

À la Une: quelle est la stratégie de Donald Trump face à l’Iran?

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Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 20 juin 2019. ©REUTERS/Jonathan Ernst

Selon le New York Times, Donald Trump aurait initialement approuvé des frappes contre des cibles iraniennes pour ensuite les annuler à la dernière seconde. « Jusqu’à 19 heures, des responsables militaires et diplomatiques américains s’attendaient à des frappes » en représailles à l’action de l’Iran qui avait abattu mercredi un drone américain, rapporte le New York Times. Auparavant « d’intenses discussions et débats » ont eu lieu « à la Maison Blanche entre les plus hauts responsables de la sécurité nationale et des dirigeants du Congrès ». Des participants à ces réunions ont confié au journal que « le président avait initialement approuvé des attaques sur une poignée de cibles iraniennes, telles que des batteries de radar et de missiles. L’opération avait d’ailleurs déjà débuté », poursuit le New York Times. « Les avions étaient dans les airs et les navires étaient en position, mais aucun missile n’avait encore été tiré quand l’ordre d’annulation de l’opération est arrivé ». Ni le journal de New York ni aucun autre média américain ne peut dire pour l’instant ce qui a causé ce revirement de la situation.

« Que cherche le président ? », s’interroge le San Francisco Chronicle. « Donald Trump n’a pas expliqué ce qu’il attendait précisément de Téhéran. Il n’a fait qu’appeler à un meilleur accord que celui conclu par son prédécesseur Barack Obama. Mais cette perspective semble s’éloigner de plus en plus en l’absence d’une diplomatie digne de ce nom. Et cette absence d’alternative rend l’escalade de plus en plus probable ».

Beaucoup d’éditorialistes américains mettent en effet en cause la stratégie de la Maison Blanche vis-à-vis de l’Iran. « Aux yeux de nombreux experts, le président est responsable de la crise actuelle », constate USA Today. « Puisqu’il a fait l’erreur monumentale de retirer les États-Unis de l’accord nucléaire ». Et c’est pourquoi, renchérit le Brunswick News, un journal local de Géorgie, « une guerre avec l’Iran serait la guerre de Donald Trump ».

Le site internet de la chaîne CNN - très critique, on le sait, à l’égard du locataire de la Maison Blanche - met en avant les signaux contradictoires envoyés par le président: « Vendredi dernier, il a déclaré qu’il voulait parler avec les Iraniens », rappelle l’éditorialiste de CNN, « alors qu’en mai Trump twittait encore qu’une guerre avec l’Iran serait “la fin officielle de l’Iran”. Et hier, après la frappe iranienne sur le drone américain, il twittait que “l’Iran avait fait une grosse erreur ».

Pour le New York Times, « les messages incohérents en provenance de la Maison Blanche soulignent en tout cas le fait que les États-Unis et l’Iran sont tous deux capables de commettre de graves erreurs de calcul stratégiques. Dans une situation où les forces américaines et iraniennes s’approchent d’un conflit ouvert dans et autour du détroit d’Ormuz, des têtes plus posées et froides doivent prendre le relais. En clair: le Congrès doit être consulté », plaide le quotidien.

Et enfin pour le Washington Post, l’actuelle crise avec l’Iran est symptomatique de la politique étrangère menée par Donald Trump.

Le journal de Washington estime qu’on assiste là à un autre exemple de la fameuse politique de « pression maximale » que le président a déjà appliquée à la Corée du Nord, au Venezuela, aux Palestiniens et maintenant donc à l’Iran, sans parler de sa politique de « pression maximale » appliquée à la Chine, à l’Europe et à l’Inde en ce qui concerne le commerce. « Dans tous ces cas » observe le Washington Post, « le président insiste sur le fait qu’il compense la clémence de ses prédécesseurs. Selon Donald Trump, ses opposants aux États-Unis étaient et sont encore trop naïfs, trop crédules, trop mous. Les défis géopolitiques auxquels sont confrontés les États-Unis exigent sa marque distincte d’une action énergique et unilatérale. Bien que cela ne signifie peut-être pas la guerre - ce que Trump répète ne pas vouloir - cela signifie en tout cas un ensemble d’actions agressives qui imposent la volonté de Washington au reste du monde ». Et le Washington Post de conclure : « Mais il devient évident que, quelles que soient les fanfaronnades de Trump, ses efforts de ‘pression maximale’ ne donnent pas les résultats escomptés - et, dans certains cas, sont en fait des retours en arrière qui ne font que compliquer la situation des États-Unis et de leurs alliés exaspérés ».

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