rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti
  • L'Espagne opposée à un blocage de l'accord UE-Mercosur (présidence)
  • L'Espagne opposée à un blocage de l'accord UE-Mercosur (présidence)

Haïti Jovenel Moïse

Publié le • Modifié le

Haïti: le président au cœur «d’un stratagème de détournement de fonds»

media
Le président haïtien Jovenel Moïse lors d'une conférence de presse à l'Elysée, à Paris, le 11 décembre 2017. LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

En Haïti, le président Jovenel Moïse est épinglé au cœur « d’un stratagème de détournement de fonds ». Les juges de la Cour des comptes ont publié vendredi,  un long audit très attendu sur la gestion du fonds d’aide vénézuélien Petrocaribe. Les plus de  600 pages relatent des suspicions de fraudes et de détournements, les juges n’épargnent aucune entité qui a eu à gérer de l’argent tiré des fonds Petrocaribe, y compris l’entreprise que dirigeait l'actuel chef de l'Etat avant sa prise de fonction.


Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

« Il y a eu collusion, favoritisme », le verdict des juges de la Cour des comptes est catégorique : le contrat passé en 2014 entre l'État et l'entreprise Agritrans n’a pas respecté la loi.

Avance de 5 millions de gourdes

En fait, tout commence avant même la signature du premier contrat. Près de deux mois avant de parapher tout engagement pour la réhabilitation d'une route, l'entreprise de Jovenel Moïse avait déjà reçu une avance de 5 millions de gourdes. Ensuite, le montant du contrat a tout pour éveiller la suspicion : 39 millions 990 399 gourdes, juste en deçà des 40 millions de gourdes qui constitue le seuil pour les passations de marché public.

Pour ce chantier, les juges ont réalisé une visite de terrain et selon leurs propres mots « l'état de ce tronçon de route […] démontre qu'il y a un décalage énorme entre les sommes dépensées et la réalité des travaux qui auraient été effectués ».

« Stratagème »

L'affaire pourrait s'arrêter là mais sur ce même chantier, le ministère des travaux publics a signé un contrat équivalent avec une autre entreprise. Une entreprise avec un autre nom, Betexs, mais avec le même matricule fiscal, le même personnel technique et les mêmes expériences qu’Agritrans. Pour les juges, ça « n’est ni plus ni moins qu’un stratagème de détournement de fonds ».

Chronologie et chiffres clés