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Nicaragua Daniel Ortega

Publié le • Modifié le

Au Nicaragua, les anti-Ortega fêtent l’anniversaire de la révolte dans les rues

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Des manifestants marquent l'anniversaire de la contestation contre le président Nicaraguayen Daniel Ortega avec une marche à Managua, le 17 avril 2019. REUTERS/Oswaldo Rivas

Un après le début de la révolte sanglante qui a couté la vie à plus de 300 personnes, les opposants au président Daniel Ortega sont à nouveau descendus dans la rue mercredi 17 avril pour réclamer son départ, malgré l'interdiction des autorités. L’ancien guérillero sandiniste est toutefois de plus en plus isolé sur la scène internationale, désormais l’objet de sanctions américaines et européennes.


Le Nicaragua a beaucoup changé depuis un an et le début des manifestations contre Daniel Ortega. Selon la commission interaméricaine des droits de l'Homme, le pays est devenu un état policier : plus de 325 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre ou des milices proches du gouvernement et les arrestations arbitraires, les cas de torture et les pressions sur les médias indépendants prouvent que le couple Ortega-Murillo règne par la terreur.

Le dialogue avec l'opposition, timidement amorcé en février 2019, est au point mort. En attendant une éventuelle reprise, le pays s'enfonce dans une crise économique et dans la récession. Selon le patronat, qui s'est engagé aux côtés de l'opposition, 400 000 emplois ont été détruits depuis le début du conflit.

Plus de 60 000 personnes ont déjà quitté le pays

Une situation qui s'aggrave aussi avec les sanctions internationales contre le pays. La loi « Nica Act », votée par le Congrès américain en décembre 2018, empêche le pays d'accéder aux crédits internationaux.

Pour l'instant, ces mesures n'ont pas eu d'impact politique : Daniel Ortega refuse de céder aux exigences de l'opposition et s'accroche au pouvoir d'un pays qui se vide de ses habitants. 62 000 de personnes ont déjà quitté le Nicaragua, selon l’ONU.

Depuis un an, « la situation a changé pour le pire »

La crise politique a commencé le 18 avril 2018, lorsque la population a gagné les rues pour la sécurité sociale. S’en est suivi un mouvement de plus grande ampleur largement réprimé par le régime de Daniel Ortega. À part les 325 morts, la violente répression des manifestations a fait 779 détenus, selon l’opposition.

Pour Vilma Nuñez, figure de la défense des droits de l’homme au Nicaragua, et présidente de l’organisation Cenidh, interdite dans le pays, Daniel Ortega n’entend pas la rue depuis un an et la négociation avec l’opposition est au point mort. « La situation a changé pour le pire, elle s’est vraiment empirée. La situation des droits de l’homme et la vie quotidienne au Nicaragua est pire aujourd’hui qu’il y a un an, quand les mobilisations ont commencé, le 18 avril », dit-elle.

« Il y avait déjà beaucoup de problèmes, il y avait déjà un régime dictatorial, un régime qui concentre tous les pouvoirs et une destruction des institutions, continue-t-elle. Mais il y avait encore, il y a un an, un système de gouvernement corporatiste : le gouvernement avait mis en place une alliance avec les entrepreneurs, avec la classe économique. Bien sûr, cette alliance allait dans le sens d’une détérioration des droits des plus pauvres, mais il y avait une certaine stabilité apparente. »

Pour Vilma Nuñez, présidente de l’organisation Cenidh, «la situation a changé pour le pire» depuis un an 18/04/2019 - par Domitille Piron Écouter

Ortega ne partira qu'« avec la négociation »

« Mais maintenant non, il n’y a aucune sécurité, d’aucun type. Il n’y a pas de sécurité juridique ni physique, parce qu’à n’importe quel moment vous pouvez sortir dans la rue, croiser une patrouille et vous faire emprisonner, explique Vilma Nuñez. Par exemple, si vous chantez l’hymne national ou portez un drapeau. »

Mais selon Delphine Lacombe, chercheuse au CNRS spécialiste du Nicaragua, le seul moyen de faire partir le couple présidentiel, c'est à travers des négociations, qui sont pour l'instant suspendues.

Selon Delphine Lacombe, chercheuse au CNRS spécialiste du Nicaragua, «l’opposition met l’accent sur un départ de la crise avec la négociation», donc Ortega «ne partira pas sous l’effet d’un soulèvement armé, comme si c’était il y a 40 ans» 18/04/2019 - par Achim Lippold Écouter

Ce qui reste à Ortega, c’est les paramilitaires, la police et la répression. L’opposition met l’accent sur un départ de la crise avec la négociation, donc il ne partira pas sous l’effet d’un soulèvement armé, comme si c’était il y a 40 ans.