rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

États-Unis Finances

Publié le • Modifié le

Pensé pour relancer le tourisme new-yorkais, le quartier des Hudson Yards déçoit

media
Le nouveau quartier des Hudson Yards a été inauguré le 15 mars 2019 à New York. AFP/Drew Angerer

Six ans de travail, vingt-cinq milliards de dollars, dix-huit millions de mètres carrés de logements et de magasins, le nouveau quartier des Hudson Yards a été inauguré le 15 mars 2019 à New York. C’est le plus grand et le plus cher projet immobilier privé depuis la construction du célèbre Rockfeller Center dans les années 30. Mais dans un New York en pleine ébullition immobilière, ce nouveau quartier suscite déjà des controverses.


Dire que le nouveau quartier des Hudson Yards suscite la controverse relève de l'euphémisme tant il provoque un sentiment de rejet absolu. Les Hudson Yards, c'est un quartier entièrement sorti de terre, construit sur une dalle de béton de 1,7 million de mètres carrés recouvrant le dépôt ferroviaire de Penn Station et faisant face à la Hudson River. C'est aussi une multitude d'innovations technologiques ancrant le quartier dans le XXIe siècle avec son propre système de traitement des déchets, sa station électrique anti-coupure de courant et ses portes souterraines automatiques ayant pour but de protéger les équipements sensibles face aux épisodes de montée des eaux.

Pour le moment, ce sont six nouveaux grattes-ciel qui viennent modifier la fameuse skyline de Manhattan, et, comme toujours lors de l'apparition de nouveaux buildings, les New-yorkais font part d'un fort rejet architectural. Pourtant, ce n'est pas tant l'architecture qui suscite la controverse mais plutôt le côté pharaonique du projet. En effet, la plupart des appartements n'ont pas encore été vendus alors que leurs mises à prix oscillent entre 3 et 33 millions de dollars. Le centre commercial quant à lui, est surtout un immense complexe de luxe où de nombreuses grandes marques ont choisi d'ouvrir un magasin et parmi elles, de nombreuses marques françaises.

Ce projet, est avant tout totalement déconnecté de la réalité des New Yorkais, font valoir les associations qui estiment que la pénurie de logements et en particulier de logements sociaux, auraient du laisser la priorité à un complexe immobilier plus modeste et ce, même si 400 appartements devraient être subventionnés pour des bas revenus.

Un choix esthétique remis en cause

Certains critiquent convergent vers le vaisseau amiral, « The Vessel », qui trône au milieu des immeubles. Il s'agit d'une sculpture de 45 mètres de haut, érigée au centre des Hudson Yards. Cet édifice, signé Thomas Heatherwick et disposant de 154 escaliers interconnectés, de 80 plateformes et de 2 500 marches, est en fait un entremêlement d'escaliers qui ne mènent « nulle part ». Mis bout à bout, les escaliers représentent un parcours de près d'1,6 km de balade en hauteur.

« The Vessel » la structure d'art publique composée de 155 volées d'escaliers. AFP/Drew Angerer

L'idée : attirer les touristes dans ce quartier légèrement excentré à l'extrême ouest de la ville tout comme le choix de raccorder les Hudson Yards au bout de la High Ligne, un parc linéaire inspirée de la coulée verte René-Dumont à Paris, sur une ancienne voie ferrée, très populaire dans la capitale française. D'ici 2020, une terrasse surplombant la ville à l'air libre, à 300 mètres de hauteur et dotée d'un plancher de verre, ouvrira.

Un quartier qui demeure en construction

Une deuxième phase de travaux doit démarrer et durer jusqu’en 2024 pour construire des écoles, des espaces verts et de nouveaux logements. Le promoteur estime que cette ville dans la ville est unique pour trouver un endroit où vivre, travailler, s’amuser et manger et devrait trouver son public rapidement. Mais le pari financier est énorme et beaucoup s’interrogent sur le sens de ce projet et la capacité des Hudson Yards à trouver son âme.

Chronologie et chiffres clés