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ONU États-Unis Donald Trump Diplomatie

Publié le • Modifié le

A l'ONU, les conséquences de la nouvelle politique budgétaire des Etats-Unis

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Antonio Guterres et Donald Trump au siège de l'ONU, en septembre 2017. Brendan Smialowski / AFP

L’administration Trump a présenté lundi 11 mars 2019 son budget pour l’année fiscale 2020. Fidèle à la promesse présidentielle de privilégier « l’Amérique d’abord », le plan prévoit des coupes drastiques pour les programmes d’aides humanitaires et pour l'ONU. Au siège des Nations unies à New York, le désengagement des Américains se fait déjà durement ressentir.


De notre correspondante à New York,

Il faut tout d’abord prendre cette annonce avec des pincettes. Certes, le budget 2020 qui vient d’être annoncé aux Etats-Unis, et qui prévoit un milliard de dollars de moins pour les organisations internationales, est un très mauvais signal envoyé. Mais il est loin d’être acté, car il devrait selon toute vraisemblance être retoqué par le Congrès. Il s’agit donc d’un effet d’annonce qui témoigne de la méfiance bien connue de l'administration américaine à l’égard des Nations unies.

Un trou d’environ 250 millions de dollars dans les caisses de l’ONU

Cette année, Washington a tout de même mis l’ONU en difficulté pour le financement de ses opérations de maintien de la paix. Le budget de ces opérations est calculé en fonction de la situation économique du pays. Les Américains sont donc sommés de payer environ 28,5% du budget des opérations de maintien de la paix. Sauf qu’ils font valoir une législation nationale qui ne leur permettrait pas de payer plus de 25%. Le gouvernement Trump a donc tout simplement arrêté de payer ses 3% de différence.

Résultat : un trou d’environ 250 millions de dollars dans les caisses de l’ONU. Et conséquence : l’impossibilité pour l’organisation de rembourser des pays contributeurs de troupes qui mettent à la disposition des Nations unies des militaires pour rejoindre ces opérations de paix et, pour certains, du matériel comme des hélicoptères. Les plus touchés sont les plus gros contributeurs : l'Ethiopie attend toujours de voir la couleur de 42 millions de dollars, l'Inde un peu plus de 40 millions et le Pakistan 35 millions.

Ces trois pays n’ont pas encore menacé de retirer leurs personnels, mais c’est évidemment l'une des craintes. Alors, quelles solutions pour l’ONU ? Trois options. D'abord, ce que prévoit la Charte, faire payer les membres permanents du Conseil de sécurité. Cela parait très invraisemblable, du fait de l’opposition de ces pays et du précédent que cela représenterait. L’ONU pourrait aussi créer un mécanisme permettant d’allouer des fonds non utilisés pour compenser le retrait américain. Enfin, dernière option : négocier.

Guterres à Washington pour tenter d'arracher un accord avec Trump

C’est cette troisième option, la négociation, que le secrétaire général des Nations unies, le Portugais Antonio Guterres, s’apprête à privilégier, puisqu’il se rend ce mercredi 13 mars 2019 à Washington pour tenter de faire entendre raison aux autorités américaines. Pour cela, il a quelques leviers de pression. Par exemple, accepter de renoncer à la publication d’un rapport accablant contre un allié américain en échange de la promesse de maintenir le budget à flot...

► À relire : Au Conseil de sécurité, les Etats-Unis vers une politique plus isolationniste

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