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Etats-Unis Shutdown Donald Trump Immigration

Publié le • Modifié le

Etats-Unis: Trump cède sur son mur et met fin au «shutdown»… temporairement

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Le président Donald Trump repart vers le Bureau ovale après avoir annoncé un accord de fin du «shutdown», à Washington, le 25 janvier 2019. REUTERS/Kevin Lamarque

Le président américain a annoncé vendredi 25 janvier avoir trouvé un accord pour permettre la réouverture temporaire du gouvernement fédéral, mettant une fin au « shutdown » le plus long de l’histoire américaine. Donald Trump a signé le texte qui ne comprend pas le financement d’un mur à la frontière, mais dit qu’il le redemandera d’ici mi-février, au prix d’un autre éventuel « shutdown ». Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer a lancé, victorieux : « Espérons que le président a retenu la leçon ».


Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

C’est une défaite politique majeure pour le président Donald Trump, qui a donc perdu son bras de fer qui l’oppose depuis plus d’un mois aux démocrates. Donald Trump l’a répété des dizaines de fois au cours des semaines passées : il ne signerait pas de budget qui n’intègre pas le financement de la construction de ce mur à la frontière.

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Il l'a donc finalement fait vendredi soir, a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué. Donald Trump s’est même dit fier d’annoncer cet accord, qui ne prévoit le financement du gouvernement fédéral que pour les trois semaines à venir. Le président a demandé que les employés fédéraux touchent leur salaire le plus vite possible.

Il a également annoncé que des discussions allaient ensuite commencer au sein d’un groupe bipartisan au sujet de la sécurité à la frontière, soit exactement ce que réclamaient les démocrates. Nancy Pelosi, la chef de la nouvelle majorité à la Chambre, ne va pas manquer de souligner que ces 35 jours de paralysie partielle de l’administration n’auront servi à rien.

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Le président a cependant rappelé que le mur restait pour lui vital et il a prévenu : si le 15 février, aucun accord n’est conclu pour obtenir sa construction, il y aura un nouveau shutdown ou une proclamation de situation d’urgence, qui lui permettra de dégager des fonds sans l’accord du congrès. Mais si c’est cette dernière option qui est choisie, elle se heurtera à des contestations en justice.

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Soulagement des employés fédéraux

Pour les 800 mille employés fédéraux qui n’étaient pas rémunérés depuis 35 jours c’est un soulagement. Sharon, fonctionnaire au département de la Sécurité intérieure  donne son point de vue : « Je ne suis pas sûre que cette expérience était nécessaire. Nous nous retrouvons exactement au même point que là où nous en étions avant, à savoir : le Congrès refuse de financer ce mur. Je pense que c’est une triste situation pour le pays, c’est vraiment humiliant. Mais je serai heureuse de retrouver mes collègues ».

Elle se dit heureuse de retrouver ses collègues et s'inquiète pour les contractuels privés : « Je suis restée en contact avec certains d’entre eux, ils m’ont manqué.  Pour beaucoup, c’est un vrai soulagement. J’ai rencontré d’autres employés fédéraux qui étaient suspendus et pour certains c’était vraiment dur. Moi, j’ai eu de la chance parce que ma compagne a gagné de l’argent ce mois-ci, mais j’ai été touchée par les gens qui sont venus vers moi, pour me demander si cela allait. Il y a des personnes que je connais à peine qui m’ont proposé de me prêter de l’argent, je n’en avais pas vraiment besoin, mais j’ai apprécié la générosité de ces quasi-inconnus. Ce sera bon de retrouver tout le monde au bureau, j’aime bien mes collègues, ils m’ont manqué. Mais je suis inquiète pour les contractuels privés qui travaillent dans mon bureau. Malheureusement, je doute qu’il y ait une possibilité légale pour eux de récupérer le salaire perdu. Ils sont dans une sale situation et ils sont très nombreux ».

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