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Publié le • Modifié le

Une haute responsable du groupe chinois Huawei arrêtée au Canada

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Devant l'entrée de l'entreprise Huawei à Pékin, le 5 décembre 2018. REUTERS/Thomas Peter

La directrice financière du géant chinois des télécoms, Meng Wanzhou, a été arrêtée au Canada et fait maintenant face à une demande d'extradition des Etats-Unis, a annoncé, mercredi 5 décembre, le ministère canadien de la Justice.


« Meng Wanzhou a été arrêtée le 1er décembre à Vancouver. Les Etats-Unis réclament son extradition et une audition pour sa remise en liberté conditionnelle doit avoir lieu vendredi », a indiqué un porte-parole du ministère canadien de la Justice à l'AFP, confirmant des informations de presse selon lesquelles Washington soupçonnerait Meng Wanzhou de violation des sanctions américaines contre l'Iran.

« Puisqu'une interdiction de publication est en vigueur, nous ne pouvons pas fournir pour l'instant de plus amples détails », a précisé ce porte-parole, Ian McLeod. « L'interdiction a été demandée par Mme Meng », a-t-il dit.

En avril, le quotidien Wall Street Journal a rapporté que la justice américaine avait ouvert une enquête pour établir si Mme Meng avait enfreint les sanctions américaines contre l'Iran.

Soupçons d'exportations vers l'Iran

Les autorités américaines soupçonneraient Huawei d'avoir exporté depuis au moins 2016 des produits d'origine américaine vers l'Iran et d'autres pays visés par des sanctions américaines, en violation des lois des Etats-Unis. Le gouvernement fédéral américain a demandé officiellement en début d'année à ses opérateurs télécoms de ne pas s'équiper chinois.

Plusieurs élus du Congrès, repris par l'AFP, voyaient notamment dans Huawei « une menace pour la sécurité des Etats-Unis », invoquant des rapports du groupe « avec le Parti communiste chinois ainsi qu'avec les services de sécurité et de renseignement chinois ». Mme Meng est la fille de Ren Zhengfei, fondateur de Huawei en 1987, et ancien officier de l'Armée populaire de libération.

 → A (RE)LIRE : Le Pentagone interdit les téléphones chinois Huawei et ZTE à ses soldats

Le géant des télécoms a déclaré, quelques heures après son arrestation, n'avoir aucune connaissance de méfaits présumés de la part de sa directrice financière.

Une période difficile

C’est donc une période difficile pour Huawei, vue comme une entreprise proche du pouvoir, indique notre correspondant à Shanghai, Simon Leplâtre. Pour cette raison, l’entreprise est exclue des appels d’offres pour le développement du réseau 5G, dans de nombreux pays : aux Etats-Unis, mais aussi en Australie, en Nouvelle Zélande. D’autres pays comme l’Allemagne ou la France se méfient aussi de Huawei pour des réseaux aussi stratégiques.

En Chine, les réactions sont très patriotiques : les internautes voient dans cette arrestation une manoeuvre politique des Etats-Unis en pleine guerre commerciale. Et certains appellent déjà à boycotter les produits d’Apple en représailles.

 

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