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Publié le • Modifié le

A la Une: «Je ne veux pas de vos prières»

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Une veillée a été organisée pour les familles des victimes de la fusillade du restaurant Thousand Oaks en Californie, le 8 novembre 2018. ©REUTERS/Eric Thayer

Toujours les mêmes photos à la Une des journaux américains, de jeunes en pleurs enveloppés dans des couvertures de survie. Cette fois, la photo est prise devant ce restaurant de Thousand Oaks, un lieu « plein de vie, titre The Orange County Register, avant qu'il ne devienne le site d'une autre fusillade de masse ». Le tireur, Ian David Long, était un habitué de ce bar, raconte le journal. C'était un vétéran, un ancien Marine : « Il avait servi en Afghanistan et souffrait de troubles mentaux ». Il a ouvert le feu à l'intérieur du bar bondé « avec une arme de poing Glock de calibre.45 qu'il avait achetée légalement ». Plusieurs journaux citent d'ailleurs le témoignage bouleversant d’une mère dont le fils avait survécu à la fusillade de Las Vegas l'année dernière, mais qui, cette fois, n'est pas rentré à la maison. « Je ne veux pas de vos prières ni de vos pensées, lance-t-elle dans un cri déchirant, ce que je veux c'est le contrôle des armes à feu ».

Et pourtant, rappelle le New York Times, la Californie « a certaines des lois les plus strictes du pays en matière d'armes à feu ». « C'était le premier État à interdire les fusils d'assaut en 1989 après une fusillade dans une école élémentaire ». Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Le quotidien donne une indication. Le tireur a utilisé un chargeur de grande capacité, pourtant interdit en Californie depuis 2016. La loi devait entrer en vigueur en 2017. Mais, comme l'explique le New York Times, « le lobby des armes à feu l'a contestée. (...) Donc la possession de ces chargeurs de grande capacité n'est pas encore illégale ».

Se souvenir des survivants

De son côté, le Chicago Tribune se refuse à citer le nom du tireur. « A la place, nous aimerions que les lecteurs se souviennent du nom de Matt Wennerstrom ». « Quand le tireur a commencé à tirer mercredi soir, [le jeune homme de 20 ans] a réagi rapidement. Il a rassemblé des gens derrière une table de billard et les a fait s'accroupir. (...) Puis, quand le tireur s'est arrêté pour recharger, Wennerstrom a saisi sa chance. Il a jeté un tabouret de bar à travers une fenêtre [pour la briser] et, avec d'autres, il a réussi à faire sortir entre 30 à 35 personnes », toutes en vie aujourd'hui. Le journal dit ne pas minimiser la bravoure du policier qui a été tué en tentant d'intervenir. « Mais soyons sûr aussi, conclut-il, de se rappeler des vies qui n'ont pas été perdues ».

Un oléoduc nommé désir

Retour à Washington, avec cette déconvenue pour l'administration Trump. Un juge fédéral du Montana a bloqué jeudi la poursuite de la construction du Keystone XL, un oléoduc géant entre le Canada et les Etats-Unis. En cause : l'étude d'impact environnemental, jugée insuffisante. C'est « une défaite majeure pour le président Trump », si l'on en croit le Washington Post. Le président avait signé, deux jours après son arrivée à la Maison Blanche, un décret pour renverser la décision de l'administration Obama, accusée « de ne pas avoir réussi à aller de l'avant face à un mouvement de protestation fondé en grande partie sur ces préoccupations environnementales ».

Ce pipeline, qui transporterait « jusqu'à 830 000 barils de pétrole brut par jour » selon The Great Falls Tribune, serait un long serpent de « 1 400 km aux États-Unis à travers le Montana, le Dakota du Sud et le Nebraska » et de « 1 930 km au Canada ». « La décision, tempère le Washington Post, ne bloque pas de façon permanente l'obtention d'un permis, mais elle exige que l'administration procède à un examen plus complet des impacts négatifs potentiels ». Cela va considérablement retarder les travaux qui devaient commencer en début d'année prochaine, selon le Washington Post : des équipements avaient déjà été transportés dans le Montana et le Dakota du Sud. En gros, conclut le journal, c'est « retour au point de départ ».

Mexique : les migrants reprennent leur route

Au Mexique, les migrants d'Amérique centrale ont repris leur route en direction des États-Unis. Ceux, en tout cas, de la première caravane, car il y en a plusieurs, rappelle La Razon. Ils poursuivent donc leur voyage vers Tijuana « et par leurs propres moyens », précise le journal mexicain, car « ils n'ont pas reçu de réponse positive de l'ONU à leur demande de leur fournir des bus ». Le porte-parole de la caravane explique « qu'il a été convenu que la route la plus sûre était d'atteindre Tijuana mais que la route pour s'y rendre serait définie au fur et à mesure ».

Pourquoi reprennent-ils la route ? Ils expliquent d’abord, toujours dans La Razon, que leur objectif est depuis le départ d'obtenir l'asile aux Etats-Unis. Autre raison de ce départ précipité, après cinq jours dans la capitale mexicaine : ne pas être rejoints par d’autres caravanes, dans lesquelles se seraient glissés « des criminels infiltrés qui vont mettre en danger les vrais migrants ». Notez que pendant ce temps, comme le rappelle le San Francisco Gate, l'administration Trump a annoncé vouloir interdire aux migrants qui ne sont pas arrivés par un point d'entrée officiel à la frontière avec le Mexique, de déposer une demande d'asile. Cette disposition devrait être rapidement signée par le président américain alors que ces caravanes progressent vers la frontière…

Chronologie et chiffres clés