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Publié le • Modifié le

Brésil: la qualification de Bolsonaro au 2nd tour ne fait pas que des inquiets

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Le président chilien Sebastian Piñera (premier plan) a donné une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (second plan) lors d'une visite à Madrid, le 9 octobre 2018. REUTERS/Juan Medina

La large qualification de Jair Bolsonaro pour le second tour de la présidentielle brésilienne suscite beaucoup d'inquiétudes dans la communauté internationale, mais certains se réjouissent du programme économique libéral du candidat d'extrême droite.


« Une énorme préoccupation ». C'est avec ces mots que le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a réagi ce mardi 9 octobre à la victoire au premier tour de Jair Bolsonaro avec 46% des voix, contre 29,3% pour son concurrent de gauche Fernando Haddad.

Sa principale crainte est qu'en cas d'élection le 28 octobre, le candidat d'extrême droite ne sorte de l'accord de Paris sur le climat, « alors qu'avant-hier, un panel de scientifiques des Nations unies nous alertait sur les conséquences déjà immédiates du réchauffement de la planète », a-t-il rappelé.

Pedro Sanchez a également souligné son inquiétude face à « un programme qui n'a rien à voir avec les principes et les valeurs que (...) nous partageons avec l'ensemble des sociétés, comme l'égalité entre les sexes ou les valeurs ayant trait à la démocratie ». Référence aux propos polémiques de Bolsonaro, un catholique fervent défenseur de la famille traditionnelle, qui a déclaré par exemple qu'il préférerait avoir un fils « tué dans un accident plutôt qu'homosexuel ».

Le président chilien salue le programme économique de Bolsonaro

Une inquiétude que ne partage pas entièrement le président chilien en visite à Madrid ce mardi. Lors d'un forum économique organisé par le journal El Pais, Sebastian Piñera a reconnu que le candidat d'extrême droite génère une « grande incertitude », soulignant « ses propos homophobes, son langage très agressif contre les femmes ». Mais le conservateur chilien a aussi salué un programme économique qui « va dans la bonne direction ».

« Les signaux qu'il donne sur l'ouverture de l'économie brésilienne, la réduction du déficit fiscal, la réforme des retraites, la réduction du poids du secteur public avec des privatisations, c'est cela dont un pays comme le Brésil, qui est un géant, a besoin », a déclaré le président chilien, ajoutant que Jair Bolsonaro « a parlé très clairement d'une lutte frontale contre la corruption et le populisme, qui ont été deux grands problèmes du Brésil ».

En conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol, Sebastian Piñera a maintenu sa position, rappelant qu'il avait « de profondes divergences dans certains domaines » mais des points de « convergence » sur les questions économiques avec le candidat d'extrême droite favori pour la présidentielle brésilienne.

(Avec AFP)

Nous savons très peu de choses sur Jair Bolsonaro, mais je connais ses conseillers économiques. Les signaux qu’ils donnent quant à l'ouverture de l’économie brésilienne, la réduction du déficit, la réforme des retraites et la réduction de l'importance du secteur public - notamment grâce aux privatisations - ce sont des signaux positifs pour un pays de la taille du Brésil, qui est un géant. Et en plus, il a parlé d’une lutte sans merci contre la corruption. La corruption et le populisme ont été deux ennemis terribles du Brésil. Ils sont à l'origine de la crise profonde que vit ce pays depuis un bon moment. Tout ça c'est bon. C’est vrai que je l’ai aussi entendu parler avec des allusions homophobes, avec un certain langage agressif envers les femmes. Oui, je l’ai entendu, mais je pense que les gens ont voté plus contre les anciens politiciens que pour Jair Bolsonaro. Cela, c'est une source d'incertitude. Mais en ce qui concerne ce qu'il va faire pour développer le Brésil, je pense qu’il va dans le bon sens.
Sebastian Piñera, président du Chili 10/10/2018 - par RFI Écouter

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