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Canada Etats-Unis Mexique Commerce et Echanges

Publié le • Modifié le

Inquiétude du secteur laitier canadien après la signature de l'AEUMC

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Un producteur de lait dans l'Ontario, Canada. Cole Burston / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

A la dernière minute, le Canada a signé un nouvel accord commercial avec les Etats-Unis, ainsi qu'avec le Mexique, qui remplace l'Alena. Selon le Premier ministre canadien, il s'agit d'un accord avantageux mais le pays doit ouvrir 3,5% de son marché aux Etats-Unis alors que jusqu'à présent, le Canada bénéficiait de barrières tarifaires importantes.


Avec notre correspondante à Québec, Pascale Guéricolas

« C'est une journée noire pour la production laitière au Canada. » Troisième génération de producteurs laitiers à une trentaine de kilomètres de la ville de Québec, Sylvain Laberge s'interroge sur l'avenir de sa ferme de 40 vaches.

Selon ses calculs, l'ouverture du marché laitier aux producteurs américains vient de lui faire perdre treize jours de production chaque année : « Les marges de profit vont devenir de plus en plus petites, on ne sera plus capable d’y arriver. On se questionne si on doit continuer ou pas là-dedans. Souvent le gouvernement nous donne des compensations. Mais la dernière fois, leur programme a duré une journée. Il n’y avait plus d’argent dedans. C’est du n’importe quoi. »

Donald Trump avait exigé l'ouverture du marché laitier canadien pour que les échanges entre l'industrie automobile des Etats américains et l'Ontario, au centre du Canada, continuent.

« Une honte »

La réaction de Jean-François Lisée, le chef du Parti québécois, un parti indépendantiste, n’est pas tendre : « Cette entente est une honte. C’est une expression de l’injustice systématique dont le Québec est victime à l’intérieur du Canada. »

« Notre gouvernement nous avait pourtant assuré qu'il ne signerait pas un accord qui serait mauvais pour les Canadiennes et Canadiens. Or, nous ne voyons pas comment cet accord peut être bon pour les 220 000 familles canadiennes qui dépendent de l'industrie laitière pour gagner leur vie », a souligné de son côté Pierre Lampron, président de l'association représentant les producteurs canadiens, dans un communiqué.

« Nous avons protégé la gestion de l'offre », alors que les Américains voulaient tout simplement supprimer ce système, assure le Premier ministre canadien Justin Trudeau. « Nous allons travailler avec vous et avec le secteur laitier au Québec et dans tout le pays pour mettre en place les indemnisations nécessaires et équitables pour vous aider à continuer à réussir. »

Le nouveau Premier ministre du Québec, François Legault, tout juste élu a donc du pain sur la planche pour faire face à cette situation.

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