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Iran Donald Trump ONU Diplomatie Nucléaire Hassan Rohani

Publié le • Modifié le

Assemblée générale de l'ONU: l'Iran, cible prioritaire de Donald Trump

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Le président américain Donald Trump a violemment taclé son homologue iranien Hassan Rohani lors de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 25 septembre 2018. REUTERS/Carlos Barria TPX IMAGES OF THE DAY

Après avoir retiré son pays de l’accord nucléaire, Donald Trump veut accroître la pression sur l’Iran et il a appelé la communauté internationale à isoler la République islamique, mardi 25 septembre devant l'Assemblée générale des Nations unies. Ce à quoi le président iranien Hassan Rohani a répondu que les Etats-Unis voulaient renverser son régime.


Avec notre envoyé spécial à New York,  Nicolas Falez

Donald Trump et Hassan Rohani se sont violemment confrontés ce mardi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU. Accusant l'Iran de mener des agressions au Moyen-Orient, le président américain a appelé les autres nations à isoler Téhéran. En toile de fond, la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien suivie du rétablissement des sanctions américaines.

Pour Donald Trump, la levée des sanctions dans le cadre de l'accord n'a fait qu'accroître la dangerosité de la République islamique. « Cette dictature a utilisé l’argent pour construire des missiles potentiellement nucléaires, pour durcir la répression interne, pour financer le terrorisme, pour commettre des ravages et des massacres en Syrie et au Yémen ! Les Etats-Unis ont lancé une campagne de pression économique pour priver le régime des fonds nécessaires à ces projets sanglants », a lancé le président américain.

« Terrorisme économique »

Hassan Rohani, qui s'est exprimé peu après, a vivement critiqué la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien. « S'en prendre au multilatéralisme n'est pas un signe de puissance. Plutôt le symptôme d'un déficit d'intelligence », a lancé le président iranien, assurant que son pays voulait seulement le dialogue. Hassan Rohani a au passage accusé Washington de vouloir renverser son gouvernement.

« Les sanctions unilatérales illicites constituent une forme de terrorisme économique et une violation du droit au développement, a-t-il condamné. Je le dis très clairement ici, la politique américaine vis-à-vis de l’Iran est injuste depuis le début. » Pour le président iranien, pas question d’un retour à la table des négociations aux conditions de Donald Trump.

Washington rejette la position européenne

Le chef de la diplomatie américaine a exprimé ce mardi sa « profonde déception », après l'annonce par Bruxelles de la création d'un mécanisme complexe de troc. Un système qui vise à préserver les nombreuses entreprises européennes et étrangères sommées de quitter l'Iran sous peine de mesures punitives américaines.

Mike Pompeo a au passage minimisé cette initiative dont les montants en jeu sont selon lui « insignifiants ». « Toutes les grandes entreprises ont fait le choix de quitter l'Iran », a en pour sa part balayé son émissaire Brian Hook.


Les États-Unis président une réunion du Conseil de sécurité comme pour thème la non-prolifération

En pleine Assemblée générale, les États-Unis assurent la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU, qui se réunit de manière spéciale. Dans un premier temps, l’administration Trump a voulu se saisir de l’occasion pour organiser une séance spéciale consacrée à l’Iran, mais le risque pour les Américains était d’apparaître isolés sur la question, selon un diplomate occidental.

Le thème a donc été élargi à la non-prolifération, pour parler de la Corée du Nord avec laquelle Washington a entamé un dialogue. Les armes chimiques et biologiques sont également des sujets, alors qu’Américains et Français répètent qu’ils frapperont de nouveau le régime syrien en cas d’attaque chimique avérée.

Mais pour Washington, cette réunion des quinze membres du Conseil de sécurité doit permettre de maintenir la pression sur l’Iran, soupçonné par l’administration Trump de vouloir se doter de la bombe atomique, malgré l’accord nucléaire de 2015. L’Iran est également considéré comme une source de prolifération balistique. Plusieurs pays, dont la France, s’inquiètent des transferts de missiles aux groupes armés de la région, alliés de Téhéran.

Chronologie et chiffres clés