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Cuba Miguel Díaz-Canel

Publié le • Modifié le

Les Cubains commencent à discuter du projet de nouvelle Constitution

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Le projet de nouvelle Constitution reconnaîtra, entre autres, le rôle du marché et de l'activité privée dans l'économie. Ici, une personne marche dans les rues d'Alquizar, le 6 août 2018. REUTERS/Tomas Bravo

À Cuba, commence ce lundi 13 août un débat populaire qui durera trois mois sur le projet de la nouvelle Constitution. Une Constitution qui reconnaîtra notamment le rôle du marché et de l'activité privée dans l'économie cubaine. Mais les Cubains pourront y contribuer de façon restreinte.


Avant d'être soumis à référendum le 24 février février prochain, le projet de nouvelle Constitution, approuvé par les députés le 22 juillet dernier, doit être soumis aux citoyens cubains. Le projet est dans le cadre «d'un débat populaire» organisé dès ce lundi 13 août et jusqu'au 15 novembre dans les entreprises, les écoles et universités et les quartiers.

Claude Morin indique qu'il y a, malgré tout, « vraiment un intérêt, de la part de la population » au projet 13/08/2018 - par Victor Zammit Écouter

Le débat « va être organisé sur les lieux de travail, les lieux de résidence des Cubains, à l’université et dans l’équivalent des lycées, de manière à ce que toute la population qui le souhaite puisse être partie prenante de la discussion. On s’attend à ce qu’il y ait environ 130 000 points de rencontre pour discuter du projet de Constitution », nous expliqueClaude Morin, professeur honoraire à l'Université de Montréal, historien et spécialiste de l'Amérique latine.

Plus de 690 000 exemplaires du projet de Constitution ont déjà été vendus à la population de l’île. « J’ai vu que l’on avait publié plus d’un million d’exemplaires, qui ont été vendus à un peso, ce n’est environ même pas 20 centimes d’euros pour que les gens se le procurent. Il y a déjà eu plus de 690 000 exemplaires qui avaient été achetés par les Cubains. Donc il y a vraiment un intérêt, de la part de la population, à lire et à discuter de ce projet actuel. »

« Le débat n'est pas dans un arc à 360° »

Des amendements pourront être apportés, qui seront discutés à l’Assemblée nationale à nouveau, et le texte final sera soumis à un référendum, poursuit le chercheur. Mais selon Claude Morin,les Cubains ne pourront pas modifier fondamentalement le projet constitutionnel.

Pour Claude Morin, professeur honoraire à l'Université de Montréal et expert de l'Amérique latine, «on ne pourra pas parler de tout» 13/08/2018 - par Victor Zammit Écouter

« C’est certain qu’aucune proposition ne pourra remettre en question l’orientation socialiste du système économique de Cuba, son système social, pas plus que l’on pourra prôner le multipartisme, ça c’est hors de question. Donc c'est sur d'autres aspects que le débat pourra porter. En d’autres mots, le terrain est balisé par le projet de Constitution lui-même. Je ne croirais pas que c’est formel, parce qu’on se donne beaucoup de mal, il faut donner une crédibilité à cette Constitution. »

« Mais la consultation, elle-même, c’est une opération qui est très fréquente dans tous les grands projets de réforme, poursuit-il. Il y a toujours eu un débat à Cuba, mais le débat n’est pas à 360° : il est dans un arc, disons, assez restreint au niveau public. Au niveau privé, c’est une autre affaire. On ne s’attend sûrement pas à de grands changements, soyons francs. »