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Cuba Miguel Díaz-Canel

Publié le • Modifié le

Cuba s'apprête à reconnaître l’économie de marché et la propriété privée

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Cubains et touristes devant un restaurant privé à La Havane, le 1er août 2017. REUTERS/Alexandre Meneghin

Cuba après les frères Castro, c'est cette révision de la Constitution et l'inscription dans le texte du droit à la propriété privée. Dans l'île communiste, c'est un symbole fort, bien que le président Miguel Diaz-Canel a récemment rappelé les principes socialistes de Cuba. Le projet de révision de la Constitution sera soumis aux votes des députés après étude durant les trois prochains jours, avant un référendum d'ici à la fin de l'année. C'est une vaste réécriture de la Constitution de 1976 qui se prépare et notamment des changements concernant l'économie et l'organisation politique de l'Etat.


Le pouvoir à la tête du pays devrait être partagé, avec la création d'un poste de Premier ministre qui dirigerait le gouvernement en plus d'un président et d'un vice-président ainsi que la création de gouvernements locaux.

Dans ce projet de révision de la Constitution, le président serait également le premier secrétaire du parti et c'est lui qui trancherait sur les décisions du gouvernement.

Le Parti communiste cubain reste la « force dirigeante supérieure de la société et de l'Etat » et le caractère socialiste du système politique, économique et social est réaffirmé dans ce projet, selon le journal officiel Granma. Un projet préparé par une commission, dirigée par Raul Castro, qui a laissé sa place à Miguel Diaz-Canel en avril dernier.

Reconnaissance de l'économie de marché

Il s'agit d'une réforme complète du texte de 1976, avec des changements concernant également l'économie : l'importance de l'investissement étranger pour le développement du pays devrait figurer dans cette nouvelle Constitution. Et le rôle du marché et le droit à la propriété privée seraient reconnus, une étape indispensable pour l'économie cubaine qui permettrait aux petites et moyennes entreprises d'être légalisées.

Depuis 2008, le gouvernement cubain est engagé dans une progressive ouverture à l'économie de marché. Une ouverture menée à coup de réformes par Raul Castro qui ont permis à plus d'un demi-million de Cubains de trouver du travail dans le secteur privé.

Mais malgré cette ouverture progressive, l'économie cubaine reste dépendante de ses importations. A titre d'exemple, Cuba importe aujourd'hui 80% de ses denrées alimentaires. A ces dépendances s'ajoute une explosion des coûts d'importations, notamment dans le secteur énergétique.

En 2017, la crise au Venezuela, premier fournisseur en brut de l'île, a eu un impact sur les importations de carburants. Cette année-là, l’économie cubaine a été affectée par d'autres facteurs : l’ouragan Irma a causé des dégâts et l’investissement a été faible.

Le pays a un besoin urgent d'initiatives privées et d'investisseurs étrangers. La nouvelle Constitution prévoit donc davantage de protection pour ces acteurs. Et pour que les choses soient bien claires, le président cubain a souligné qu'il n'y aurait pas de virage capitaliste.

Des droits élargis pour la communauté LGBT pourraient également être inscrits dans la Constitution, selon les commentaires et spéculations sur la toile.