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Publié le • Modifié le

Nicaragua: l'arrivée de troupes étrangères dans le pays inquiète l'opposition

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Depuis mi-avril, les manifestations se succèdent au Nicaragua. Dans ce contexte, l'arrivée de troupes étrangères soulève de nombreuses questions. REUTERS/Oswaldo Rivas

Le Parlement du Nicaragua a autorisé la venue dans le pays de militaires de plusieurs pays de juillet à décembre, ce qui suscite des critiques de l'opposition. Il s'agit officiellement d'exercices de lutte antidrogue et d'aide humanitaire. Mais la mesure intervient en pleine répression d'un mouvement de protestation anti gouvernemental qui a fait plus de 220 morts depuis mi-avril.


Alors que le dialogue entre l'opposition et le président Daniel Ortega est dans l'impasse, les manifestations qui exigent son départ se poursuivent. Les opposants à cet ancien « héros » de la révolution sandiniste de 1979 désormais sur la sellette populaire ont appelé à une « marche des fleurs » à Managua et dans plusieurs villes du pays.

C'est dans ce contexte que le Parlement, par 73 voix contre 15, a donné son aval à la venue de 230 militaires russes et de leurs moyens aériens et navals pour participer à des exercices de lutte contre le trafic de drogue.

Il a également autorisé la venue, pour des exercices antidrogue et d'aide humanitaire, de 160 militaires du Mexique, du Venezuela et de Cuba ainsi que d'un nombre non précisé de soldats d'autres pays d'Amérique centrale, des Etats-Unis et de Taïwan.

Le député de l'opposition Jimmy Blandon s'est élevé contre la venue de militaires du Venezuela, pays qui soutient le régime sandiniste du président Daniel Ortega, engagé dans une répression du mouvement de contestation qui a fait plus de 220 morts depuis avril.

« Le Venezuela a soutenu les crimes contre l'humanité qui ont été commis dans notre pays », a accusé le député, qui dénonce par ailleurs l'immobilisme de l'armée face aux groupes paramilitaires responsables de nombreuses violences contre les protestataires.

Les collaborations avec des armées étrangères existent depuis longtemps, mais la démarche pose question, comme l'explique Hélène Tristan, sociologue, chercheuse spécialiste du Nicaragua à l'Université Paris 1 : « Il s’agit d’une tentative, à mon avis, d’internationaliser ce conflit qui, à l’origine, était quand même une confrontation entre le gouvernent et la population et que le gouvernement d’ailleurs avait qualifié cette rébellion de "groupes minuscules". On comprend assez mal comment est-ce que de groupes minuscules, on est passé à une invitation à des troupes armées étrangères. »

« D’autre part, ce qui est quand même aussi étonnant, poursuit la chercheuse, c’est la raison invoquée, notamment le combat contre le narcotrafic alors qu’il y a quelques mois le Nicaragua se disait champion de [cette] lutte et se disait aux avant-postes par rapport aux autres pays de la région. »

Deux mois et demi de contestation

La vague de contestation, la plus violente dans le pays depuis des décennies, a été déclenchée le 18 avril par une réforme de la sécurité sociale.

Malgré l'abandon rapide de cette réforme, la colère populaire, accentuée par la répression policière, n'est pas retombée et cible Daniel Ortega et son épouse Rosario Murillo, vice-présidente, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

(avec AFP)

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