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Mexique Corruption Réseaux sociaux Internet Enrique Pena Nieto

Publié le • Modifié le

Mexique: les réseaux sociaux, nouveau champ de bataille électoral

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Ricardo Anaya, candidat du PAN, à Mexico, le 5 juin 2018. REUTERS/Gustavo Graf

Il reste trois semaines avant l’élection présidentielle mexicaine du 1er juillet 2018. Trois semaines durant lesquelles la campagne va battre son plein et où tous les coups sont permis. Une guerre sans merci se livre en effet sur les réseaux sociaux : une nouvelle vidéo, qui met en cause Ricardo Anaya (le candidat du PAN), circule et tout le monde en parle au Mexique.


Dans une vidéo diffusée de manière anonyme sur internet, Ricardo Anaya, le candidat présidentiel du PAN, le Parti conservateur Action Nationale, est accusé par un jeune chef d’entreprise d’avoir blanchi de l’argent non seulement pour s’enrichir, mais surtout pour financer sa campagne électorale. Des accusations que Ricardo Anaya a catégoriquement démenties sur les réseaux sociaux, où il a déclaré que cette vidéo était fausse. Ou qu’elle était truquée. En plus, il a rendu le président Peña Nieto personnellement responsable de la diffusion de cette nouvelle vidéo qui viserait à lui porter préjudice électoralement, lui qui, selon les sondages, se trouve en deuxième position, derrière le candidat de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador.

En février dernier déjà, le ministère public avait ouvert une enquête sur le candidat du PAN, à la suite d’une plainte concernant des opérations financières illicites concernant l'achat et la revente d'un hangar industriel. Mais, faute de preuves, l’enquête ne s'est jamais développé. Aujourd’hui, dans la dernière ligne droite de la campagne, cette vidéo vient remettre sur le tapis cette histoire sulfureuse, dans le but évident d’asséner un coup fatal aux ambitions présidentielles d’Anaya.

A qui profite le crime ?

Hasard ou pas, cette vidéo a été diffusée deux jours après les déclarations d’Anaya qui affirmait que le président Peña Nieto est un corrompu et qu’il le mettrait en prison au cas où il serait reconnu coupable. Ce qui, selon lui, expliquerait la réaction du président qui chercherait ainsi à éviter à tout prix qu’il puisse gagner. En plus, toujours selon Anaya, Peña Nieto a tout intérêt à ce que Lopez Obrador l’emporte car il aurait conclu un pacte avec lui. Un pacte qui assurerait au chef de l’Etat et aux membres de son parti, le PRI, une totale impunité pour les nombreux actes de corruption qu’ils ont commis durant l’actuelle administration. Ce qu’a démenti Lopez Obrador.

En fait, il s’agirait plutôt d’une stratégie du président Peña Nieto : son poulain, le candidat du PRI, José Antonio Meade, n’a aucune chance de l’emporter, il est donc fondamental qu’il arrive en deuxième position, car cela permettrait à son parti de mieux se positionner au niveau parlementaire et même au niveau local. D’où ces attaques en règle contre le candidat du PAN.

Lopez Obrador, cible principale sur les réseaux sociaux

Depuis six mois, les campagnes de dénigrement visent Lopez Obrador. Ses ennemis mènent en effet une guerre sans merci contre celui qui est le favori des sondages. Voilà pourquoi Lopez Obrador est devenu la principale cible des vidéos truquées, des messages mensongers, des fake news et des calomnies. Et cela principalement à travers internet et les réseaux sociaux qui sont devenus, il faut bien le dire, le principal champ de bataille de cette campagne électorale. Enfin, ses adversaires ont adopté depuis quelques jours une nouvelle tactique : ils inondent les électeurs d’appels téléphoniques provenant du Mexique et de l’étranger, pour attaquer Lopez Obrador et le diffamer.

Chronologie et chiffres clés