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Agriculture et Pêche

Publié le • Modifié le

Soja: de la graine à l'assiette

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Un technicien collecte des échantillons de soja pour les anlayser dans l'usine Louis Dreyfus à General Lagos, en Argentine, le 13 septembre 2017. EITAN ABRAMOVICH / AFP

Une bonne partie du soja qui nourrit les animaux d’élevage en France est importé d'Amérique du Sud, où la production industrielle de ce soja est directement liée à la déforestation, pointe Mighty Earth. RFI s'associe à l'enquête de l'ONG pour expliquer comment ce soja sale atterrit dans nos assiettes.


L’Amérique du Sud est le continent qui produit et exporte le plus de soja destiné à l’alimentation des animaux d’élevage, le Brésil en tête. Ces plantations occupent une surface considérable de plus de 40 millions d’hectares, plus que la superficie d’un pays comme l’Allemagne.

Le soja cultivé est principalement celui qualifié de « RR » pour « Round Up Ready », du nom du célèbre herbicide commercialisé par la firme Monsanto. La plante est génétiquement modifiée pour survivre à des épandages massifs de cet herbicide à base de glyphosate.

L’intérêt pour les producteurs est avant tout économique, car la culture s’en trouve simplifiée : il n’y a plus besoin de labour, les cultures sont plus résistantes et ont donc besoin de moins de traitements. Ces cultures sont donc semées à très grande échelle, et sont avant tout destinées à l’exportation, et non aux populations locales.

Les ABCD du soja

Quatre entreprises multinationales se partagent la majeure partie de ce marché, les ABCD : Archers Daniel Midland (ADM), Bunge, Cargill, et Louis Dreyfus Company (LDC). Elles se chargent de récolter le soja auprès des producteurs, parfois réunis en coopératives, et de l’exporter.

La France a ainsi importé ces douze derniers mois près de 3,5  millions de tonnes de soja sous forme de tourteaux, plus des deux tiers en provenance des Amériques, selon les chiffres communiqués par les douanes françaises. Le tourteau de soja est ce qu’il reste après avoir extrait l’huile de la graine à la suite d’un procédé appelé trituration. Cette étape peut se dérouler avant l’export, ou bien à l’arrivée dans le pays de destination.

Les deux tiers de ces tourteaux sont ensuite acquis par ce qu’on appelle des transformateurs, qui en font l'acquisition. Leur métier est de proposer aux éleveurs des produits visant à compléter l’alimentation de leurs bêtes. Pour obtenir un rendement maximal, le fourrage, les grains ou l’herbe ne suffisent pas. Le tourteau de soja est alors intéressant pour eux, car il a une très haute teneur en protéines.

On va donc trouver le soja sud-américain transformé et vendu ensuite aux fermiers. La filière française n’est en effet pas suffisamment développée pour couvrir leurs besoins à des coûts supportables pour eux.

C’est donc principalement du soja « Round Up Ready » qui est donné à leurs animaux pour compléter leur alimentation. Les œufs de ces volailles, leur viande, celle de ces porcs sont destinés en fin de chaîne à nourrir l’homme. On les trouve alors à la vente dans les rayons des supermarchés, dans les fast-foods, sur les étals des marchés et dans la restauration.

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