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Etats-Unis Donald Trump Diplomatie renseignement

Publié le • Modifié le

Gina Haspel, une femme accusée de torture nommée à la tête de CIA

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Gina Haspel, nommée à la tête de la CIA par Donald Trump le 13 mars 2018. CIA/Handout via Reuters

Après le limogeage du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, le président Donald Trump a nommé au poste de secrétaire d'Etat Mike Pompeo le directeur de la CIA. Ce dernier va céder sa place à Gina Haspel, l'actuelle numéro 2 de l'agence. C'est inédit dans l'histoire du pays, puisque c'est la première fois qu'une femme est nommée à ce poste.


Gina Haspel a passé la plus grande partie de sa carrière au service de la CIA. Elle a rejoint l'agence en 1985. Décrite comme une « espionne exemplaire » et une « patriote dévouée », la sexagénaire a surtout été remarquée pour son expérience dans les opérations sous couverture.

En 2013, elle prend la tête du service clandestin de la CIA, mais très vite elle est remerciée en raison des doutes sur sa responsabilité dans la mise en place de prisons secrètes à l'étranger. Après les attentats du 11 septembre 2001, la CIA contrôlait plusieurs prisons clandestines à l'étranger, les fameux black sites. Des suspects préalablement enlevés étaient transférés dans ces prisons et soumis à des actes de torture. Gina Haspel a justement dirigé une de ces prisons secrètes en Thaïlande où des suspects étaient soumis à des interrogatoires pousssés, en fait des simulations de noyade.

Une biographie controversée

« Gina Haspel n'a pas bonne presse. Elle a mis en place des structures à l'étranger qui peuvent déplaire au Congrès ou à tous les démocrates au sens large. Mike Pompeo et Gina Haspel viennent d'un fond conservateur très dur et vont certainement appuyer pour que Donald Trump durcisse encore sa politique dans le monde entier », estime Jean-Eric Branaa, maître de conférences à l'université Paris 2, chercheur à l'IRIS et auteur de Trumpland : une Amérique divisée.

La nouvelle directrice de la CIA aurait également demandé la destruction de vidéos compromettantes sur ces actes de torture. Des faits dénoncés par ses opposants qui s'inquiètent de voir une personne avec une biographie aussi controversée prendre la tête de la CIA.

« Elle ne peut pas occuper cette fonction », affirme ainsi John Sifton, directeur Asie de Human Rights Watch. L'ONG de défense des droits de l'homme demande donc aux sénateurs américains, qui doivent encore valider sa nomination, de voter contre elle. « Il existe chez les républicains, même s'ils soutiennent Donald Trump, des gens qui n'admettent pas la torture. Comme par exemple le sénateur John McCain. Il a toujours voté contre la nomination de ceux qui légitime la torture », note John Sifton. L'influent sénateur a d'ailleurs estimé ce mardi que Gina Haspel devra s'expliquer sur ses activités passées au sein du programme de torture et s'engager à ne pas y recourir.

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