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Argentine Mauricio Macri Emploi et Travail Corruption

Publié le • Modifié le

Mauricio Macri met fin aux emplois de complaisance au sein de l'exécutif

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Le président argentin, Mauricio Macri, lors d'une cérémonie au palais présidentiel, à Buenos Aires, en Argentine, le 29 janvier 2018. Fuente: Reuters.

En Argentine, le président Mauricio Macri a annoncé la fin des « emplois familiaux » dans l’administration. Les proches parents de membres du gouvernement qui travaillent pour l’État devront quitter leurs fonctions. Ces mesures ne concernent pour le moment que l'exécutif. Les provinces emboîteront-elles le pas en décidant également de mettre fin au népotisme ? Les Argentins sont circonspects.


De notre correspondant à Buenos Aires,

La portée de la mesure, annoncée par le président Macri lundi 29 janvier, a été précisée par un décret publié deux jours plus tard. Sont concernés les parents au premier ou second degré, y compris par alliance, de tous les membres de l’exécutif national, depuis les ministres et secrétaires d’État jusqu’aux directeurs d’administrations et de sociétés publiques. Ceux-là devront avoir quitté leurs fonctions au 1er mars.

Des mesures contre le népotisme

Il s’agit d’une quarantaine de personnes pour ce qui est du gouvernement, sans doute une centaine au total avec les autres postes qui dépendent de celui-ci. De fait, sans attendre le 1er mars, une petite dizaine de conjoints et d’enfants de ministres ont déjà démissionné. Il faut signaler par ailleurs que les proches du gouvernement qui sont fonctionnaires de carrière et étaient en poste avant l’arrivée au pouvoir de Macri en décembre 2015, donc non soupçonnés de bénéficier d’un emploi par népotisme, échappent à la mesure, ce qui paraît logique.

La décision ne concerne que l’exécutif national : l’Argentine étant un pays fédéral, le président n’a pas autorité en la matière sur les provinces, qu’il a néanmoins exhorté à le suivre. Les deux plus importants districts du pays, la province de Buenos Aires et la capitale fédérale, tous deux dirigés par la majorité présidentielle, ont décidé de le faire. On verra ce qu’il en est pour les 23 autres provinces. Enfin, le pouvoir législatif, où les emplois familiaux sont légion, n’est pas touché : il faudrait pour cela un vote du Parlement ; or l’alliance gouvernementale n’a pas la majorité aux assemblées.

Remonter la côte de popularité de Macri

Quant aux raisons qui expliquent la décision du président à prendre une telle mesure , on peut en avancer plusieurs. D’abord, effacer la mauvaise image laissée dans l’opinion par un récent scandale impliquant le ministre du Travail dans une affaire d’emplois fictifs qui avait permis de révéler par ailleurs que plusieurs membres de sa famille travaillaient pour l’État. De fait, les premières à avoir démissionné ont été deux sœurs du ministre en question. Ensuite, donner l’exemple, en un moment où le gouvernement demande aux Argentins de se serrer la ceinture : la fin des emplois familiaux s’accompagne du gel des salaires des ministres et de l’engagement de réduire de 25% le nombre des membres de l’administration recrutés sur des critères politiques. Enfin, respecter la promesse de campagne de Macri  d’une plus grande transparence de la vie publique, après les douze années de pouvoir opaque du kirchnérisme.

Les Argentins cirsconspects

La société demande plus de transparence. Si, après le 1er mars, l’exécutif national en termine effectivement avec les emplois familiaux, et si les provinces emboîtent le pas, la popularité de Macri en sera renforcée. Mais les Argentins, habitués aux promesses non tenues et aux décisions dévoyées, sont assez sceptiques. Ils attendent donc de voir.

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