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Revue de presse Pérou Guatemala

Publié le • Modifié le

A la Une: l'ancien dictateur Alberto Fujimori gracié au Pérou

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Le président Pedro Pablo Kuczynski accode une grâce «humanitaire» pour l'ex-président Alberto Fujimori (photo 2015). REUTERS/Enrique Castro-Mendivil

Le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, a accordé ce dimanche une grâce « humanitaire » à l'ex-chef de l'Etat Alberto Fujimori hospitalisé depuis la veille. « Il a été établi que M. Fujimori souffrait d'une maladie progressive, dégénérative et incurable, et que les conditions carcérales représentaient un danger pour sa vie, sa santé et son intégrité » physique, précise le texte. Alberto Fujimori, âgé de 79 ans, a gouverné le Pérou de 1990 à 2000. En 2009, l’ancien dictateur avait été condamné à une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité pour avoir commandité l'assassinat de 25 personnes aux mains d'un escadron de la mort durant la guerre contre les guérilleros du Sentier lumineux.

La plupart des journaux sont formels aujourd’hui : il y a bien un lien entre la grâce, accordée à Alberto Fujimori et l’échec d’un vote de destitution à l'encontre de l'actuel chef de l'Etat Pedro Pable Kuczynski. Le quotidien El Confidencial rappelle d'abord les faits : Kenji Fujimori - fils de l'ex-chef d'Etat Alberto Fujimori et frère de Keiko Fujimori qui avait défié Pedro Pablo Kuczynski lors de la dernière élection présidentielle - s'était abstenu jeudi dernier, quand le parlement péruvien s'apprêtait à voter la destitution du président. Ainsi, Pedro Pablo Kuczynski a pu rester au pouvoir.

Ce dimanche, Kenji Fujimori a salué la grâce présidentielle, accordée à son père, et a remercié le chef de l'Etat pour « son geste noble et magnanime ». Au milieu de « plusieurs dizaines de sympathisants », rassemblés devant l'hôpital où est soigné l'ancien dictateur, sa fille Keiko a simplement estimé que « justice (était) rendue », rapporte le journal Peru 21.

Les familles des victimes dans la rue

Bien évidemment, ce n'est pas l'avis des familles de victimes d'Alberto Fujimori. A l'annonce de la grâce accordée à l'ancien homme fort du Pérou, des milliers de personnes sont spontanément descendues dans les rues de Lima hier soir, raconte El Confidencial. Brandissant des photos des victimes, les manifestants ont qualifié la grâce d'« insulte  » et le président Kuczynski de « traitre ». « Les familles des victimes du régime Fujimori ont par ailleurs annoncé leur volonté d'introduire des recours devant des instances internationales pour annuler la grâce afin que l'ancien dictateur purge la totalité de sa peine », rapporte La Republica.

La classe politique péruvienne est également vent debout contre la décision de Pedro Pablo Kuczynski. Même les alliés du président au Congrès estiment qu'une enquête doit être menée pour établir si les conditions qui ont mené à la grâce accordée à Alberto Fujimori sont conformes aux lois en vigueur, écrit El Commercio. « Si cette grâce a été accordée après des négociations obscures entre le président et Kenji Fujimori au moment du vote de destitution la semaine dernière, ce serait un signal terrible », souligne un élu dans les colonnes de ce journal.

Et même au sein du parti Péruviens pour le Changement, la formation politique du président, le malaise est palpable. Le vice porte-parole du parti se dépêche d'expliquer que son groupe parlementaire n'a pas été consulté par Pedro Pablo Kuczynski et que les élus n'ont donc été aucunement liés à d'éventuelles tractations douteuses, rapporte encore El Commercio. « Le parti doit se réunir dans les jours à venir pour trouver une position commune concernant la décision du président ».

Mais deux des élus de Péruviens pour le Changement n'ont pas attendu ce rendez-vous. Ils ont préféré démissionner, quelques heures seulement après l'annonce de la grâce pour Alberto Fujimori, expliquant être en désaccord total avec le chef de l'Etat. Au Pérou, la fête de Noël est cette année largement ternie par cette mesure insensée du président qui a « décidé d'échanger son immunité contre l'impunité d'un ancien dictateur », résume l'éditorialiste de La Republica.

Suivant l’exemple américain, l’ambassade du Guatemala sera transférée à Jérusalem

Le Guatemala va emboiter le pas aux Etats-Unis : son ambassade sera également transférée à Jérusalem. «  En dépit de l'adoption par une large majorité de l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution qui condamne le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem, le président guatémaltèque, Jimmy Morales, a décidé d'en faire autant », déplore Prensa Libre.

Cette décision n'est pas désintéressée, estime de son côté le New York Times. « Monsieur Morales tente ainsi d'obtenir les faveurs de son homologue américain ». Et ceci sur deux dossiers, énumère le quotidien de la côte Est : premièrement le président guatémaltèque est empêtré dans une affaire de corruption. « Son frère et son fils font l'objet d'une enquête menée par une commission anti-corruption soutenue par les Etats-Unis ». Deuxièmement, « Jimmy Morales attend également de l'administration Trump l'adoption du soutien financier, initié par Barack Obama afin d'endiguer les flux migratoires en provenance d'Amérique central vers les Etats-Unis ».

Le gouvernement vénézuélien relâche 36 prisonniers politiques

Le gouvernement du président Nicolas Maduro a libéré en ce week-end de Noël 36 prisonniers politiques, « parmi lesquels les lauréats du prix Sakharov remis par le parlement européen », annonce le quotidien 2001. Ces libérations pourraient avoir un effet bénéfique sur le dialogue entre le gouvernement vénézuélien et l'opposition. C'est en tout cas ce qu'estime le ministre des Affaires étrangères de la République Dominicaine, pays où se déroule ce processus de dialogue, dans les colonnes de Tal Cual. Le directeur de Foro Penal, une organisation vénézuélienne de défense des droits de l'homme, se montre beaucoup plus critique : « Le mieux sera de ne pas seulement libérer certains des prisonniers politiques mais de les libérer tous. Et surtout de ne pas en incarcérer de nouveaux », explique Alfredo Romero à Ultimas Noticias.

Chronologie et chiffres clés