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Etats-Unis Donald Trump Corée du Nord Kim Jong-un

Publié le • Modifié le

L'escalade verbale entre Pyongyang et Washington se poursuit

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Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong-ho, à l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2017. REUTERS/Eduardo Munoz

Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères accuse le président Trump d'avoir « déclaré la guerre » à son pays, par des propos tenus au cours du week-end. Ri Yong-ho a ajouté que Pyongyang se réservait le droit de riposter, y compris en abattant des bombardiers américains qui ne se trouveraient pas dans son espace aérien.


« Toutes les options sont sur la table des opérations » a insisté le chef de la diplomatie nord-coréenne, reprenant ainsi mot pour mot les menaces américaines. L’escalade verbale entre les Etats Unis et la Corée du Nord a viré lundi à la pression militaire, rapporte notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

C'est lors d'une conférence de presse en marge de l'assemblée générale de l'ONU, que le ministre nord-coréen des Affaires étrangères a tenu ces propos. Ri Yong-ho a d'ailleurs pris les Etats membres à témoin: « Tous, dit-il, devraient clairement se rappeler que ce sont les Etats-Unis qui ont les premiers déclaré la guerre à notre pays ».

Le chef de la diplomatie a ajouté que dans ces conditions, la Corée du Nord a tous les droits d'abattre des bombardiers américains qui s'approcheraient trop près de ses côtes, y compris « s'ils ne sont pas dans l'espace aérien de ce pays ».

Précision importante, car c'est exactement ce qu'il s'est passé samedi. De tels engins avaient été envoyés par le Pentagone à l'est des cotes nord-coréennes.

Appels au calme et à la diplomatie

Le porte-parole de l’ONU a immédiatement réagi. « Quand vous avez une aggravation de la tension, de la rhétorique, alors vous avez un risque d’erreur qui peut conduire à de mauvaises compréhensions. Les déclarations emportées peuvent conduire à des erreurs de jugement fatales ».

La ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha a également appelé les Etats-Unis à « éviter l'escalade » face aux futures probables « provocations » de Pyongyang. « Il est impératif que nous, Corée du Sud et Etats-Unis, ensemble, puissions gérer la situation (...) de manière à éviter une escalade ultérieure des tensions ou des affrontements militaires accidentels qui pourraient rapidement dégénérer », a-t-elle ajouté dans un discours devant le centre de réflexion Center for Strategic and International Studies.

« Il ne peut pas y avoir de nouvelle guerre », a insisté Kang Kyung-wha.

Donald Trump lui est resté étrangement silencieux sur Twitter, laissant le soin à la Maison Blanche de désamorcer la crise. « Il est absurde de suggérer que nous avons déclaré la guerre à la Corée du Nord » s’est insurgée la porte-parole américaine, qui a assuré que l’objectif des Etats Unis restait le même : « la dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne ».

Depuis plusieurs semaines déjà, Washington et Pyongyang se sont engagés dans une surenchère verbale. Donald Trump qualifiant Kim Jong-un de « Rocket Man » (homme-fusée en français) ce dernier le traitant de « malade mental ». Le dirigeant nord-coréen avait d'ailleurs déjà évoqué à ce moment-là une « déclaration de guerre ». Et ni l'un ni l'autre ne semblent aujourd'hui disposés à perdre la face. Surtout pas Pyongyang, qui justifie ses ambitions nucléaires par la nécessité de se défendre.

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