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Publié le • Modifié le

Afghanistan: les réactions des Etats de la région au discours de Donald Trump

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Le Premier ministre indien Narendra Modi (à gauche) et le président afghan Ashraf Ghani lors de l'inauguration d'un barrage, construit par l'Inde, dans la province de Herat, le 4 juin 2016. REUTERS/Omar Sobhani

Le discours très attendu de Donald Trump sur la stratégie américaine en Afghanistan a suscité ce mardi de nombreuses réactions internationales. Revenant sur ses engagements de campagne, le président américain a ouvert la voie à une renforcement des effectifs militaires. Donald Trump a critiqué au passage son allié pakistanais et invité l'Inde à s'impliquer davantage dans le processus de réconciliation. Des déclarations qui ont provoqué une réaction en chaîne des acteurs régionaux.


La stratégie américaine en Afghanistan a été plutôt bien accueillie et saluée par le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg et le ministre britannique de la Défense Michael Fallon - tous deux ont convenu de la nécessité de maintenir le cap dans ce pays.

Il n'en est pas de même pour le Pakistan. Accusé de déstabiliser l'Afghanistan et d'abriter des criminels et des terroristes, Islamabad rejette les accusations de connivences avec les talibans, et parle de « grands sacrifices » dans la lutte anti-terroriste. Un argument brandi par Pékin qui a volé au secours d'Islamabad en appelant la communauté internationale à soutenir pleinement les efforts de son proche allié et partenaire dans la lutte contre les réseaux terroristes.

De son côté, l'Inde n'a pas tardé à réagir avec enthousiasme au discours de Donald Trump, rapporte notre correspondant à New Dehli, Antoine Guinard. Le président a invité New Delhi, « à aider les Etats-Unis en Afghanistan, en particulier dans le domaine de l'aide économique et du développement ». Le ministère indien des Affaires étrangères a déclaré, par le biais de son porte-parole, que l'Inde s'était engagée à aider le gouvernement afghan à ramener la paix et la stabilité dans son pays, rappelant que l'Inde avait été « inébranlable en matière d'aide à la reconstruction et au développement du pays ».

Les attaques du président américain envers le Pakistan, qu'il a accusé ce mardi 22 août d'héberger des organisations terroristes, ont également été applaudies par l'Inde, qui a affirmé « partager les mêmes inquiétudes » quant à l'infiltration de terroristes - sous-entendus pakistanais - sur son territoire.

L'Inde exerce une influence croissante en Afghanistan depuis une dizaine d'années, s'employant à la construction de routes, de barrages et même, récemment, du nouveau Parlement. Cette influence est redoutée par le Pakistan, frère-ennemi de l'Inde, qui considère l'Afghanistan comme son pré carré. L'Inde accuse d'ailleurs les services secrets pakistanais d'avoir commandité plusieurs attentats meurtriers contre ses missions en Afghanistan, dont celui contre le consulat indien à Jalalabad, en 2016, ou encore l'attentat-suicide contre l'ambassade indienne à Kaboul, qui avait fait 58 morts en 2008.

Seize ans après le début de l'intervention américaine, l'Afghanistan reste un terrain de rivalité des grands acteurs régionaux, des puissances qui continuent de voir ce pays comme relevant de leur sphère d'influence.

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