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Venezuela Nicolas Maduro

Publié le • Modifié le

Venezuela: l'Assemblée constituante s'octroie les pleins pouvoirs

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L'Assemblée constituante vénézuélienne en séance de travail le 8 août 2017. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Malgré les multiples réactions de la communauté internationale qui condamnent la rupture de l'ordre démocratique au Venezuela, l'Assemblée nationale constituante poursuit ses travaux. Mardi, elle s'est octroyé les pleins pouvoirs.


Il s'agit de la quatrième résolution de l'Assemblée constituante vénézuélienne, et ses 545 membres l'ont adoptée à l'unanimité. Le texte impose la subordination de tous les pouvoirs publics à l'Assemblée constituante.

La Constituante pourra aussi décréter des mesures immédiates concernant les compétences, le fonctionnement et l'organisation des pouvoirs législatifs et exécutifs. La juridiction passe, elle aussi, sous la houlette de l'Assemblée constituante.

Les membres de cette dernière ont approuvé le fonctionnement de la nouvelle Commission de vérité, voulue par le président Nicolas Maduro. Cette commission aura pour mission de convoquer, interroger, juger et sanctionner toute personne que la Constituante considérera comme responsable d'actes de violence.

L'opposition dénonce la fin de la République au Venezuela où la séparation des pouvoirs n'existe désormais même plus sur le papier. Elle voit en la nouvelle Commission de vérité un appareil répressif qui permettra au régime socialiste de poursuivre, puis de mettre derrière les verrous de manière arbitraire les détracteurs du président Maduro et de son gouvernement.


La stratégie de l'opposition : rafler le maximum de gouvernorats face au pouvoir

L'opposition a finalement décidé de participer aux élections régionales prévues le 10 décembre prochain, des élections reportées depuis juillet 2016. Le Conseil National Electoral a autorisé 22 organisations politiques à y participer. Parmi elles, huit partis de l'opposition. Les inscriptions des candidats sont closes, elles devaient se faire les 8 et 9 août. 

Les partis qui forment la coalition de l'opposition estiment qu'il vaut mieux occuper le terrain plutôt que de faire cadeau des 23 gouvernorats au pouvoir chaviste, comme l'explique Emerson Blanchard Cortés, secrétaire exécutif de la MUD dans l'Etat de Zulia.

« Nous sommes persuadés que l'opposition pourrait remporter pratiquement tous les Etats de la République, et cela permettrait d'équilibrer les pouvoirs, d'avoir une force représentative de 23 ou de la majorité des gouverneurs et ceci de façon démocratique. On pourrait ainsi démontrer que la majorité du peuple vénézuélien veut un changement, et veut se défaire de ce régime. C'est cette voie démocratique qui se présente à nous, et nous ferons en sorte d'y parvenir car le pouvoir pourrait décider de suspendre ces élections. »

La MUD a décidé d'inscrire ses candidats, de partis dont les lignes peuvent être divergentes. Si plusieurs sont en lice dans un Etat, des primaires seront organisées, précise Emerson Blanchard : « Dans les Etats où il y a un consensus, il n'y aura qu'un seul candidat de la MUD. Sinon on organisera des primaires. C'est ce système qui nous a décidés à participer, surtout parce qu'on ne doit laisser aucun espace vacant. »

Le Conseil National Electoral a interdit à la MUD de participer dans sept Etats comme celui de Zulia pour des raisons judiciaires en cours, mais des candidats de partis de l'opposition pourront se présenter sous leur propre étiquette. L'opposition rappelle qu'elle continuera à protester dans les rues.

Chronologie et chiffres clés