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Etats-Unis Turquie Donald Trump Recep Tayyip Erdogan Kurdes

Publié le • Modifié le

La Syrie et Fethullah Gülen au cœur de la rencontre entre Trump et Erdogan

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Recep Tayyip Erdogan sera reçu par Donald Trump ce lundi 15 mai à la Maison Blanche. REUTERS/Alexander Zemlianichenko

C’est une rencontre très attendue qui doit se dérouler lundi 14 mai à Washington. Donald Trump va recevoir le président turc Reçep Tayyip Erdogan. La Turquie est un allié historique des Etats-Unis dans le cadre de l’OTAN. Mais ces derniers temps les relations entre Washington et Ankara se sont quelque peu tendues sur des points particuliers. Les deux hommes vont aborder notamment deux sujets très sensibles pour la Turquie. La question de l’armement des milices kurdes par les Américains et l’extradition du prédicateur turc résident aux Etats-Unis Fethullah Gülen, responsable selon Ankara de la tentative de coup d’Etat dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016.


« Je considère cette visite comme un nouveau départ dans nos relations ». Reçep Tayyip Erdogan, le président turc, a tenu à adoucir ses propos à quelques jours d’un déplacement qu’il considère comme « décisif ».

La semaine dernière, le président turc avait pourtant ouvertement critiqué la décision de Washington d’armer les factions YPG en Syrie, c’est-à-dire les unités de protection du peuple kurde. Un groupe considéré par Ankara comme une extension du PKK, le parti des travailleurs kurdes, présenté par le président turc comme une organisation terroriste.

Mais Reçep Tayyip Erdogan est revenu sur cette première analyse et désormais clame que cette décision de Washington date de l’administration Obama. Le président turc ne peut arriver à Washington qu’avec des griefs à l’encontre de Donald Trump, lui qui compte plaider à nouveau en faveur d’une extradition du prédicateur Fethullah Gülen qu’il accuse d’être l'instigateur de la tentative de coup d’Etat l’été dernier et réfugié en Pennsylvanie. Recep Tayyip Erdogan a beaucoup misé sur la nouvelle administration Trump pour voir un changement aboutir.

Surprise par l’annonce de l’administration Trump d’armer les factions YPG, la Turquie s’accroche encore à l’idée de l’ouverture d’une nouvelle page dans ses relations avec les Etats-Unis.

Mais, selon de nombreux analystes, l’optimisme turc ne se base sur rien de concret. Au contraire, c’est un hiver prolongé qui se dessine, puisque selon eux Washington ne devrait pas revenir sur la décision, annoncée la semaine dernière, d’armer les combattants kurdes de Raqqa, ni accepter la demande d’extradition de Fethullah Gülen. L'ultime moyen de pression de la Turquie demeure la mise à disposition de ses bases militaires, aux avions de la coalition.

Des similitudes entre les deux hommes

C'est la première rencontre entre deux hommes qui ont une façon d'exercer le pouvoir assez semblable en quelque sorte, analyse notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette : ils veulent avoir un rapport direct avec le peuple, sans intermédiaires, ils partagent aussi une forme d'anti intellectualisme, de populisme dans leur façon de gouverner. Des similitudes qui expliquent peut-être - en partie - pourquoi Recep Tayyip Erdogan est beaucoup moins intransigeant envers l'administration Trump qu'il ne l'a été envers les Européens.

Donald Trump a de la sympathie pour les hommes forts. Le président américain fut l'un des seuls chefs d'Etat à avoir félicité Recep Tayyip Erdogan après le référendum du mois dernier. Un référendum qui renforce les pouvoirs du président turc et sur lequel même le département d'Etat s'est interrogé.

A (re) lire : Syrie: les Etats-Unis vont armer les Kurdes au risque de froisser la Turquie

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