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Publié le • Modifié le

Canada: une série distribuée par Netflix enflamme le corps enseignant

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13 Reasons Why, une série distribuée sur le réseau Netflix.

Au Canada, la polémique prend de l’ampleur depuis quelques jours autour de la diffusion d’une série américaine distribuée sur le réseau Netflix. Cette fiction, basée sur le roman de Jay Asher, met en scène une adolescente de 17 ans, élève dans un collège aux États-Unis. Apparemment, ce personnage fictif fait très peur aux psychologues, aux enseignants et à certains parents qui ont regardé les 13 épisodes de la série, 13 «Reasons Why» ou 13 raisons en français.


de notre correspondante à Québec,

Les professeurs et les parents, mais aussi les psychologues et les psychiatres craignent la réaction des adolescentes ou même des enfants aux propos de la fiction «13 reasons why» qui met en scène le suicide de l’héroïne principale. Dans la série, Hannah Baker, 17 ans, vit en apparence comme tous les autres élèves de son lycée. Sauf que la jeune fille fait l’objet de cyber-intimidation et subit même un viol.

Submergée par ses problèmes, elle se suicide, non sans laisser un témoignage sur 13 cassettes audio à ses parents et à quelques-unes des personnes qui l’ont persécutées. But de l’opération faire comprendre aux adolescents son drame. Disponible depuis un mois sur le réseau américain Netflix, cette série fait un malheur au Canada, tant du côté français qu’anglais. C’est vraiment le sujet du moment aux récrés, car il est facile de s’attacher à l’héroïne. Sans compter que l’univers qu’elle décrit ressemble beaucoup à celui dans lequel vivent les adolescents d’ici.

Mode d'emploi, influence... les craintes des professionnels

Selon plusieurs spécialistes de la prévention du suicide, il faut se montrer très prudent quand on évoque ce terrible phénomène, car il existe un sérieux risque d’imitation. Au Québec, par exemple, le suicide d’un journaliste de la télévision a été très médiatisé il y a quelques années. Dans les semaines qui ont suivi ce tragique évènement, le nombre de suicides a augmenté et deux fois plus de gens ont appelé les centres de crise. À en croire les travailleurs sociaux proches des élèves, plusieurs ont réagi très fortement à la série sur Netflix.

Plusieurs n’avaient jamais observé un phénomène d’une telle ampleur avant. Il faut dire que «13 raisons» comportent des scènes très explicites sur la façon d’en finir avec la vie. Des scènes qui pourraient servir en quelque sorte de mode d’emploi pour des jeunes pas bien dans leur peau. En plus, dans le film le personnage principal énumère des causes qui la poussent à s’enlever la vie, alors qu’intrinsèquement elle vit dans un état dépressif. Sa maladie mentale brouillerait ses perceptions. Un élément totalement absent du scénario de la série.

Mise en place d'une mise en garde adressée aux parents

Plusieurs directions d’établissement scolaires ont décidé de s’adresser directement aux parents pour les mettre en garde. Il ne s’agit pas d’interdire aux mineurs de suivre cette fiction, mais de les pousser à partager leurs questionnements ou leurs émotions avec leur famille. La direction de la Santé publique d’une région au nord de Montréal a même envoyé des directives aux écoles pour expliquer comment répondre aux jeunes qui se posent des questions sur le suicide. Des centres d’aide en profitent également pour afficher un peu partout les numéros de téléphone d’urgence pour les joindre. Cette forte réaction à des situations de fiction va peut-être s’accentuer dans les années à venir. Un chercheur de l’Université de Pensylvanie aux Etats-Unis a constaté dans une étude que le nombre de films mettant en scène des suicides de jeunes a triplé. Et les scènes de fiction à ce propos sont de plus en plus longues.