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Venezuela Nicolas Maduro

Publié le • Modifié le

Venezuela: l'opposition anti-Maduro organise une marche gigantesque

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«La mère de toutes les manifestations» ce mercredi 19 avril à Caracas. selon le terme de l'opposition. REUTERS/Christian Veron

Au Venzuela, l'opposition au président Maduro, dont c'est le sixième rassemblement depuis le début du mois, a défilé en masse ce 19 avril dans les rues de Caracas. Elle a promis qu'il s'agirait de « la mère de toutes les manifestations », pour exiger des élections anticipées et le respect du Parlement, la seule institution qu'elle contrôle. Trois personnes ont été tuées dans le cadre de ces manifestations. Le leader de l'opposition, Henrique Capriles, a appelé à une nouvelle journée de mobilisation ce 20 avril.


L'opposition a appelé ses partisans à se retrouver sur une douzaine de points de rassemblement avant de converger ensuite vers les locaux du défenseur des droits, garant des droits de l'homme dans le pays. Des manifestants ont bloqué une grande artère de Caracas, aux cris de « A bas la dictature » et « Maduro dehors ». Dans d'autres quartiers de la ville, la police est intervenue avec des gaz lacrymogènes.

Un adolescent de 17 ans, blessé par balle à la tête ce mercredi est décédé, a-t-on appris de source hospitalière. Il avait été touché par des tirs d'inconnus circulant à moto qui ont aussi lancé des grenades lacrymogènes sur des manifestants.

Une femme de 23 ans a également été tuée d'un tir dans la tête à San Cristobal (ouest). L'ONG Provea a indiqué que sa mort était survenue « dans le cadre des manifestations ».

Par ailleurs, les autorités ont également annoncé la mort d'un membre de la Garde nationale, tué par des manifestants à San Antonio de los Altos, dans l'Etat de Miranda, au nord du pays. Selon le Défenseur du peuple, ce sergent des forces de l'ordre « a été abattu par un sniper » et un colonel a également été blessé.

Des marches ont eu lieu dans tout le pays pour réclamer un calendrier électoral, l'arrêt des mesures répressives à l'encontre des manifestants et le respect du travail du Congrès, où l'opposition est majoritaire.

Cela fait maintenant plus de deux semaines que les anti-Maduro ont lancé une campagne contre le successeur de Hugo Chavez, accusé de tendances dictatoriales et d'incompétence. Et l'opposition a d'ores et déjà appelé à la tenue d'une nouvelle marche ce jeudi 20 avril.

Comme ces derniers jours, les opposants sont nombreux à être descendus sur l’autoroute principale de Caracas…
Reportage à Caracas dans la manifestation 19/04/2017 - par Julien Gonzalez Écouter

Inquiétude américaine

Au lendemain de la manifestation anti-Maduro, les Etats-Unis se sont déclarés préoccupés par la situation au Venezuela. Le représentant de Caracas auprès de l'Organisation des Etats américains (OEA) a accusé Washington de fomenter un coup d'Etat.

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson lui a répondu. « Nous sommes préoccupés car le gouvernement de Maduro viole sa propre constitution, et ne permet pas à l'opposition de faire entendre sa voix, a-t-il déclaré. Il ne lui permet pas non plus de s'organiser pour faire entendre la voix du peuple vénézuélien. Oui nous sommes préoccupés par cette situation ».

« Nous suivons cela de près, et travaillons avec l'OEA sur ce dossier, afin de faire passer notre inquiétude », a-t-il encore ajouté.

Guerre des chiffres

Henrique Capriles a appelé les Vénézuéliens à manifester de nouveau ce 20 avril et il leur donne rendez-vous dans les mêmes lieux, à la même heure. Pour l'ex-candidat de l'opposition lors des deux dernières présidentielles, la stratégie est claire : exercer une double pression sur le gouvernement, à la fois dans la rue et de la part de la communauté internationale. Henrique Capriles appelle à ce titre « les organismes de défense des droits de l'homme à tourner leur regard vers le Venezuela ».

En face, le camp présidentiel a lui aussi organisé sa mobilisation le 19 avril. Face à ses soutiens, Nicolas Maduro a une nouvelle fois dénoncé « les tentatives de coup d'Etat de l'opposition ». Avec dans sa ligne de mire : Julio Borges, l'actuel président de l'Assemblée nationale « responsable de violences de manifestants dans les mobilisations ».

Deux camps totalement opposés qui ont eu au moins en commun de se livrer une guerre des chiffres après les mobilisations massives de la journée. « Si nous étions des millions ce mercredi, nous devons être plus nombreux encore ce jeudi », a déclaré Henrique Capriles. Le président Maduro, lui, s'est félicité des « plus de 3 millions de personnes mobilisées en défense de la patrie ».

Chronologie et chiffres clés