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Bolivie Droits des femmes

Publié le • Modifié le

Bolivie: le débat sur l’avortement relancé

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L'avortement peut valoir jusqu’à 3 ans de prison pour la patiente et 6 ans pour le médecin en Bolivie. AFP PHOTO / Gwenn Dubourthoumieu

Une proposition de loi sur l’avortement fait grand bruit en Bolivie. Pour l’instant, avorter est illégal dans le pays sauf en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la mère. L’Assemblée envisage cependant une modification du Code pénal pour élargir les possibilités d’avortement et la dépénalisation de l’acte dans neuf cas au total. La loi n’est même pas encore en débat au Parlement qu’une polémique s’est déjà installée entre conservateurs, féministes, députés et médecins.


Avec notre correspondante à La Paz,

Depuis 2014, l’avortement est possible en Bolivie mais dans un nombre de cas très restreint : un danger pour la mère qui ne peut être résolu autrement que par l’avortement, en cas d’inceste ou de viol, si tant est qu’ils aient été dénoncés à la police. Selon les chiffres de l’ONG IPAS, dans toute la Bolivie, à peine plus d’une centaine d’avortements légaux ont été pratiqués depuis 2014, contre 185 avortements illégaux par jour. Cet acte peut valoir jusqu’à trois ans de prison pour la patiente et six ans pour le médecin.

Elargissement de l’avortement à neuf cas

Une nouvelle loi a donc été proposée afin de dépénaliser l’acte dans neuf cas précis. En plus de ceux déjà permis, l’interruption volontaire de grossesse serait autorisée si la mère est une enfant ou une adolescente, ou encore si elle est étudiante. Mais également si la femme concernée a déjà eu trois enfants, ou est dans une situation d’extrême pauvreté. Dans ces deux situations, l’avortement pourra être réalisé pendant les huit premières semaines de grossesse, et une fois seulement.

Des propositions loin de faire l’unanimité

Le collège des médecins de Bolivie s’est prononcé contre la modification de cet article 157 du Code pénal. Son président, Anibal Cruz, a notamment affirmé que ce collège revendiquerait l’objection de conscience pour ne pas avoir à pratiquer d’avortement, si la loi est votée.

L’Eglise, via la conférence épiscopale bolivienne, a elle aussi exprimé son désaccord avec la proposition de loi. Alors que le vice-président Linera leur demandait de « revoir ce que dit le pape sur l’avortement », les évêques ont répliqué que « le souverain pontife n’a jamais donné son aval à un tel acte, mais a permis le pardon des femmes qui se font avorter ».

Les associations féministes pro-avortement ne sont pas satisfaites non plus. Avec les organisations promulguant un accès sûr à l’avortement, elles exigent une dépénalisation pure et simple de l’IVG. Elles rappellent le bilan de la législation actuelle : 67 000 femmes se rendent chaque année à l’hôpital des suites d’un avortement mal réalisé, et 500 d’entre elles en meurent. De plus, l’avortement illégal est la troisième cause de mort maternelle en Bolivie.

Chronologie et chiffres clés