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Le Dakar Sports Paraguay Bolivie Argentine

Publié le • Modifié le

Dakar, l’éternel recommencement

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Un véhicule de l'équipe Peugeot Total en préparation pour le rallye Dakar 2017, le 31 décembre 2016. Marc Bow/Red Bull Content Pool

L’édition 2017 du célèbre rallye démarre ce 2 janvier au Paraguay. Cette année, le parcours fait la part belle à l’altitude, grâce à la présence de la Bolivie, qui accueille plusieurs étapes et se joint à l’Argentine, partenaire privilégié de l’épreuve depuis son arrivée en terre sud-américaine en 2009.


De notre correspondant à Buenos Aires

L’inclusion du Paraguay dans le parcours est présentée comme la nouveauté du Dakar-2017, qui démarre ce lundi 2 janvier. En réalité, il s’agit d’une participation à peine plus que symbolique. Certes, les Paraguayens ont vécu une fête avec la présence des quelque 600 véhicules participant au rallye à un titre ou un autre (compétition, assistance, organisation, presse) dans le parc fermé situé dans la base aérienne de Nu Guasú, à quelques kilomètres d’Asunción, puis avec le traditionnel podium de présentation des machines et des équipages, en plein centre de la capitale, le dimanche 1er janvier. Mais une fois le départ donné, à Atirá (61 km d’Asunción), les concurrents quitteront rapidement le Paraguay, l’essentiel de la première étape se déroulant dans la province argentine du Chaco.

Pilier du Dakar depuis que le rallye a débarqué en terre sud-américaine en 2009, l’Argentine se taille encore cette année la part du lion, avec sept étapes sur douze et l’arrivée, le samedi 14 janvier à Buenos Aires. Il y a des raisons à cette prééminence argentine. On est au pays de Fangio, où les sports mécaniques sont au moins aussi populaires que le football et où des courses automobiles sont organisés toutes les semaines dans plusieurs catégories. Dans une véritable ambiance de Tour de France cycliste, le Dakar y mobilise des foules considérables, pour la plus grande joie des pilotes. Cela fait travailler le tourisme, l’hôtellerie, et la restauration, d’autant plus que les Argentins se déplacent volontiers en ce début des vacances d’été. C’est donc une bonne affaire pour le pays et, bien sûr, pour le rallye.

Le Paraguay se voit attribuer une participation symbolique au rallye Dakar. Ici à Asunción, le 31 décembre 2016. REUTERS/Jorge Adorno

Les hauts plateaux boliviens offrent des difficultés exceptionnelles

Mais l’Argentine, malgré l’étendue de son territoire (2,8 millions de km2) et la variété de ses paysages, ne peut offrir toutes les difficultés dont a besoin le Dakar pour être le Dakar. Sans compter qu’il lui faut dessiner un nouveau parcours chaque année, afin que le rallye reste un défi pour les pilotes et les marques. Au début de l’aventure sud-américaine, le Chili était aussi de la partie : la traversée des Andes et, surtout, les grands déserts du nord chilien, ont alors beaucoup apporté à l’épreuve. Ensuite, le Pérou a rejoint ses voisins et Lima a même eu droit à accueillir l’arrivée de l’édition 2012 et de donner le départ de celle de 2013. À l’époque, Étienne Lavigne, le directeur du rallye, pouvait rêver d’un « super Dakar » qui relierait Buenos Aires à Bogotá, la capitale colombienne, en traversant cinq ou six pays. Mais, pour diverses raisons (retombées économiques insuffisantes, désaffection du public, critiques d’ONG environnementales, réticences des autorités, etc.), Chiliens et Péruviens ont déclaré forfait. Et c’est du côté de la Bolivie que les organisateurs de la course sont allés chercher un partenaire pour l’Argentine.

C’était l’intérêt du Dakar, parce que les hauts plateaux boliviens, à 4 000 mètres d’altitude, offrent des difficultés exceptionnelles. Et cet intérêt a rencontré celui du président Evo Morales, un homme qui a su redonner une fierté aux habitants de son pays. Ici, pas de tradition de sports mécaniques comme en Argentine, mais le fait d’accueillir une course suivie par les médias du monde entier mobilise les Boliviens. Après une première incursion symbolique en 2012, puis l’organisation d’une étape, le pays de Morales a progressivement accru sa participation. Cette année, il sera au cœur du rallye, avec quatre étapes, sans doute les plus dures, et la journée de repos, le 8 janvier à La Paz, la capitale.

Ainsi équilibré entre Argentine et Bolivie, le Dakar-2017, 38e du nom et 9e en Amérique du Sud, s’annonce comme un des plus difficiles de ce côté de l’Atlantique. « Le plus dur », dit Marc Coma, l’ancien champion, aujourd’hui directeur sportif de l’épreuve. Sur 8 800 km (8 818 km pour les motos et quads, 8 823 km pour les autos et 8 786 km pour les camions), les 315 concurrents auront à affronter d’abord les pistes de forêt du nord argentin (entre Resistencia, capitale du Chaco, et San Miguel de Tucumán, 2e étape), pour prendre ensuite de l’altitude, avec beaucoup de hors piste, en direction de San Salvador de Jujuy. De là, ils s’élanceront vers Tupiza, en Bolivie, en une quatrième étape dominée par les dunes et qui les installera à 3 500 mètres. De Tupiza à Oruro puis à La Paz, ils ne quitteront plus l’Altiplano bolivien.

Après la journée de repos à La Paz, une première étape marathon les mènera à travers des pistes de sable à Uyuni, toujours en Bolivie, le 9 janvier. Le lendemain, avec la huitième étape, alternant canyons et dunes, commencera la descente et le retour en Argentine. Ensuite, de Salta à Chilecito (étape la plus longue, près de 1 000 km), puis à San Juan et à Río Cuarto, la navigation sera déterminante et pourra bouleverser les classements. Enfin, le samedi 14 janvier, les rescapés arriveront à Buenos Aires au terme d’une douzième et dernière étape qui ne devrait pas modifier les positions acquises, comme le veut la tradition du Dakar.

Tracé de l'édition 2017 du rallye Dakar. DR

(Pour retrouver le parcours du Dakar-2017 : cliquez ici)

Belle bataille en perspective entre Peugeot, Mini et Toyota

Qui seront les vainqueurs de cette 38e édition du rallye ? En auto, les pilotes de Peugeot sont favoris, ce que ne nie pas le directeur sportif de l’écurie, Bruno Famin, après le retour gagnant de la marque au Lion le Dakar l’an dernier : « Nous sommes là pour gagner à nouveau », dit-il. Grand candidat à la victoire, le Français Stéphane Peterhansel, le champion 2016 et recordman des trophées de l’épreuve (six en moto et autant en auto). Mais ses compatriotes Cyril Despres et Sébastien Loeb, ainsi que l’Espagnol Carlos Sainz peuvent aussi prétendre à la première place. Peugeot changeant de voiture cette année (la 3008 DKR succède à la 2008), ses principaux concurrents pensent avoir aussi leurs chances. En particulier les Mini, avec le Finlandais Mikko Hirvonen (4e en 2016), le Saoudien Yazeed Al-Rajhi (11e) et l’Argentin Orly Terranova (5e en 2014), et plus encore les Toyota, avec deux anciens vainqueurs, le Qatarien Nasser Al-Attiyah (par ailleurs 2° en 2016) et le Sud-Africain Giniel De Villiers, ainsi que l’Espagnol Marc Coma (habitué aux places d’honneur, 2e en 2014). L’an dernier, ces trois marques se sont partagé les dix premières places. Belle bataille en perspective.

La course sera encore plus ouverte dans la catégorie motos, qui avait été dominée jusqu’en 2015 par deux pilotes : Marc Coma, aujourd’hui directeur sportif du Dakar, et Cyril Despres, désormais pilote auto. Les favoris sont les deux pilotes de KTM arrivés en première et deuxième positions l’an dernier, l’Australien Toby Price et le Slovaque Stefan Svitko respectivement, suivis par le Chilien Pablo Quintanilla (3e en 2016) sur Husqvarna et le Portugais Hélder Rodrígues (5e) sur Yamaha. En camions, on assistera à un nouveau duel entre les Iveco, représentés notamment par le Néerlandais Gerard De Rooy, vainqueur en 2016, et l’Argentin Fernando Villagra (3e l’an dernier), et les Kamaz, dont le leader est le Russe Airat Mardeev (2e en 2016 et champion 2015).

Voilà pour les pronostics sportifs à la veille du départ de ce 38e Dakar. Mais les organisateurs, qui pensent déjà à l’édition 2018, ont surtout en tête d’évaluer cette première incursion en terre paraguayenne, afin de voir si ce peut être le début d’un partenariat qui déboucherait sur une participation pleine et entière d’ici deux ou trois ans. Il s’agit de répliquer, en quelque sorte, la vertueuse expérience bolivienne. Pour continuer d’exister, le Dakar a besoin de se réinventer en permanence.

 

Les mécaniciens sont prêts pour la compétition. REUTERS/Jorge Adorno

Chronologie et chiffres clés